Pour une pilule de la mort gratuite et en accès libre en pharmacie...aux Pays-Bas !

Paris, le mercredi 25 novembre 2015. La NVVE (Nederlandse Vereniging voor een Vrijwillig Levenseinde) est une puissante association néerlandaise pour le droit au suicide assisté qui compte 161 000 membres et se présente comme « la première organisation d’euthanasie au monde ». Or la NVVE vient d’annoncer qu’elle souhaite lancer  une expérimentation afin que la "kill pill" soit gratuite et en accès libre dans les pharmacies pour toutes les personnes de plus de 70 ans « indépendamment de leur état de santé physique ou psychique ». Selon la NVVE, cette expérimentation aurait pour but de s’assurer que cette pilule de la mort n’est pas utilisée pour un suicide ou un homicide mais seulement pour se procurer « la bonne mort ». Robert Schurink, le directeur de la NVVE, justifie cette démarche car « la société est prête pour la Kill pill, surtout la génération du baby boom où les gens veulent avoir le contrôle de leur vie ».

Ce projet doit être discuté prochainement avec l’association des médecins néerlandais et les ministres de la Justice et de la Santé. Au total, selon la NVVE « la bonne mort » aurait été administrée à 5 306 personnes aux Pays-Bas, soit une augmentation de 182 % depuis 2002 (date de l’autorisation de l’euthanasie et du suicide assisté aux Pays-Bas).

A noter que si la pratique de l’euthanasie a été dépénalisée aux Pays-Bas, elle reste toutefois encore très encadrée et strictement contrôlée. Ainsi, en 2013, sur 4 829 cas recensés, 5 ont été jugés comme n’ayant pas respecté tous les critères légaux et des poursuites ont été engagées. Rappelons que l’Union européenne ne se prononce pas sur ce sujet et, qu’actuellement, l’euthanasie n’est autorisée que dans 4 pays en Europe : Pays-Bas, Belgique, Suisse, et Luxembourg.

Isabelle Birden

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Vos réactions (3)

  • Euh..... petite erreur....

    Le 25 novembre 2015

    En Suisse, seule l'assistance au suicide est légale, pas l'euthanasie, même si c'est un médecin qui prescrit la surdose de barbiturique après avoir pris connaissance du dossier médical de l'intéressé. On ne parle d'euthanasie que lorsque la cause qui va engendrer la mort émane d'un tiers (par exemple arrêt du respirateur - euthanasie passive-, ou administration d'un poison mortel - euthanasie active).

    Philippe Bisson

  • Quelle époque !

    Le 25 novembre 2015

    Tuer les déprimés, surtout âgés, est une œuvre de salut public en ce qui concerne les caisses de SS et de retraite. Quelle époque !

    Dr Bernard Maroy

  • L'abus de pouvoir

    Le 27 novembre 2015

    Ce n'est parce qu'ils sont la "première organisation d’euthanasie au monde" que l'on a le droit de distribuer des pilules létales à qui "veut maîtriser sa vie". D'abord parce que c'est souvent parce que l'on sent que l'on ne maîtrise plus rien que l'on tente d'échapper à l'aliénation de la dépendance. Ensuite cela ressemble étrangement à un eugénisme anti-vieux qui cache son visage.

    Une solution bien radicale pour les comptes de la sécu... Etre sénior dans le marché du travail en France alors que la retraite n'en fini pas de s'allonger, est loin d'être une sinécure. Il serait temps de redéfinir enfin la place de nos aïeuls dans la société pour valoriser leur rôle social et cesser de croire qu'ils sont inactifs et coûteux. Qui a construit le pays dont on profite si ce n'est eux ? On leur doit bien plus qu'une sécu et un EHPAD.

    On oublie trop souvent qu'ils aident les enfants ou petits enfants qui ont peu de ressources, jouent les nounous ou autres supports, aux familles d'aujourd'hui qui peinent à survivre parce que travailler (même à deux) ne suffit plus...

    Qui disait déjà que l'on jugeait une société de la façon dont elle traitait ses enfants et ses vieillards ?

    Charlaine Durand

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