Prix Festival de la communication en santé : les maladies chroniques à l’honneur

Paris, le lundi 30 janvier 2017 – Toujours dans l’ambiance mélancolique et magnétique de Deauville, les acteurs de la communication en santé se sont retrouvés en novembre dans la très chic station balnéaire pour évoquer les évolutions de ce secteur essentiel.

Depuis plusieurs années déjà, le Festival de la communication en santé a entamé sa mue : jadis groupe de réflexion centré sur l’industrie pharmaceutique qui paraissait peu ouvert au public, il est aujourd’hui une véritable plateforme d’échanges pour l’information médicale. Ce mouvement accompagne ainsi celui qui s’observe dans le monde de la communication : l’ouverture d’internet a tout à la fois dévoilé un champ des possibles insoupçonnés tant en ce qui concerne la forme que la cible mais a également démultiplié des difficultés déjà connues concernant notamment la vérification des informations ou encore leur foisonnement.

Le fond et la forme

Toujours l’objet de nombreux questionnements, internet connaît cependant une phase de stabilisation. La fascination pour certains outils loués pour leur interactivité et leur ingéniosité paraît s’être émoussée pour laisser la place à des supports parfois plus classiques mais qui ont su faire la preuve de leur efficacité. Surtout, une tendance s’impose qui rappelle une règle simple parfois un peu oubliée : ce n’est pas tant la façon dont les choses sont énoncées qui prime que le message. On l’observe avec les thématiques qui surgissent du palmarès du Festival qui a été dévoilé la semaine dernière. Le retour à l’essentiel s’impose avec un grand nombre des opérations de communication saluées qui concernent les maladies chroniques.

Je suis efficace, et alors ?

Ainsi, le grand prix a été décerné à une campagne d’affichage déployée par L’Agence régionale de santé Occitanie. Alors que fait rare le grand prix récompense cette année une initiative institutionnelle (et non industrielle), on notera que cette opération se démarque tout à la fois par sa simplicité (elle repose principalement sur des posters et autres flyers) et son originalité. C’est en effet le thème de l’Education thérapeutique du patient (ETP) qui est ici central, avec pour objectif que les patients et les professionnels de santé s’approprient cette pratique encore trop peu présente dans notre approche du soin. De belles grimaces viennent ponctuer un message destiné à dédramatiser : « Je suis un gros malade et alors ? » et à inciter à se connecter sur un site dédié. Elaborée en collaboration avec des associations de patients, la campagne a séduit le jury par sa vivacité et sa volonté de s’emparer d’un sujet souvent peu abordé.

Union sacrée

De la même manière que ce Grand Prix, plusieurs autres distinctions saluent des campagnes concernant des maladies chroniques. Ainsi, le Coup de cœur du Festival a été décerné à Léo Pharma pour son concours lancé sur Wiiplay dédié au psoriasis, afin que chacun, professionnel et patient, puisse s’exprimer sur le psoriasis à travers le thème de « l’épiderme imaginaire ». Si ici, l’utilisation d’un nouveau média est en jeu, cette dernière ne dépasse pas l’importance de l’objectif poursuivi qui est de permettre à tous de se confronter à sa représentation intime de la maladie. Comme dans la campagne de l’Agence régionale de santé Occitanie, la volonté d’unir patients et professionnels et à remarquer.

Plus qu’une sensibilisation virtuelle

La sensibilisation aux maladies chroniques et plus encore à la nécessité de "s’approprier" ces pathologies se retrouve dans de nombreuses autres catégories : ainsi, le "prix or" de la "communication patients/aidants" récompense une web série dédiée aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Association François Aupetit, ABBVIE), celui de la "communication association" cible une application dédiée aux patients sans thyroïde (Vivre sans thyroïde) ou encore celui de la "communication médicale/pathologie" une autre application concernant l’hémochromatose (Sandoz). On retiendra également le beau projet de Janssen (prix or de la "communication santé publique de prévention/sensibilisation") qui témoigne comment les nouvelles technologies peuvent être utilisés de manière pertinente dans le domaine de l’information santé : ainsi une expérience de réalité virtuelle développée par ces laboratoires permet de mieux connaître la perception d’un patient atteint de schizophrénie, un outil à la fois utile pour les professionnels de santé et pour le grand public.

Percuter et émouvoir

L’importance d’allier pertinence du message et dynamisme du support s’observe également dans le recours à une arme qui paraît être indémodable : l’humour. On le retrouve dans la campagne réalisée par MSD (prix or de la "communication médicale professionnels de santé") consacrée à la collaboration entre chirurgiens et anesthésistes réanimateurs. Le slogan vient rappeler que les bisbilles entre ces professionnels n’étaient pas rares mais affirme que « Les habitudes ont bien changé », une évolution également illustrée par un petit film non dénué d’ironie. On citera encore parmi les prix or, les petits stickers thermosensibles distribués par les pharmacies pour permettre aux enfants de se sensibiliser aux dangers représentés par le froid et le chaud (Mylan, prix de la "communication service et produit grand public") ou encore les « Chaussures qui courent vite » opération destinée à faire connaître deux associations dédiées à des maladies rares (contre les maladies du foie et l’amyotrophie spinale de type 1) (Humanis, prix or de la communication corporate).

L’ensemble du palmarès est à découvrir sur le site : http://www.festivalcommunicationsante.fr/index.php/le-palmares-du-fcsante-2016#prix-des-etudiants-décerné-par-le-master-marketing-pharmaceutique-de-la-faculté-de-pharmacie-de-chatenay-malabry

 

Aurélie Haroche

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