Quelques avancées en faveur de l’hospitalisation à domicile

Paris, le vendredi 8 décembre 2017 - Alors qu’un récent rapport de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) a mis en avant l’essor de l’hospitalisation à domicile (HAD, dont la part dans le nombre total d’hospitalisations s’est multipliée par 2,5 en 10 ans), il s’est tenu les 6 et 7 décembre les universités d’hiver de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad).

Au cours de ce congrès, de nombreuses personnalités du monde de la santé ont pris la parole, comme Nicolas Revel, directeur de l’Assurance maladie, Olivier Véran, rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’Assemblée, ou encore, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

Naturellement, c’est le docteur Elisabeth Hubert, ancienne ministre de la Santé et présidente de la Fnehad qui a ouvert le bal des interventions.

Elle a appelé à faire entrer « dans tous les esprits », l’idée que l’HAD est désormais une offre de soins « incontournable et indispensable ».

Or l’HAD demeure aujourd’hui méconnue. Elle a à cet égard dévoilé les chiffres d’une enquête montrant que la majorité des Français confond les notions d’hospitalisation à domicile, de soins à domicile et de maintien à domicile, que seuls 13 % des 300 généralistes interrogés estiment bien connaître l’HAD, et que 51 % déclarent n’avoir jamais reçu d’information sur ce mode d’hospitalisation. Le Dr Hubert a enfin martelé que « le recours à l’hospitalisation avec hébergement doit être limité à deux situations : la nécessité d’accéder rapidement à un plateau technique et le besoin d’une surveillance 24 heures sur 24 ».

Lever les restrictions

Agnès Buzyn, qui a pris la parole à la suite de la présidente de la Fnehad, a, elle, annoncé que « le virage ambulatoire comme l’HAD doivent être intégrés à tous les axes de la stratégie nationale de santé ». Elle a, à cette occasion, promis de lever les restrictions aux coopérations entre HAD et services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), une mesure attendue qui a provoqué des applaudissements nourris. Elle a également promis de travailler sur le mode de financement de l’HAD, et de revenir sur le principe de « dégressivité tarifaire », qui fait qu’un patient « rapporte » de moins en moins au fur et à mesure de son hospitalisation.

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Et les IDEL ?

    Le 08 décembre 2017

    Oui! Valoriser les HAD et les Ssiad ...pour mieux dégager les infirmières libérales ... c’est devenu normal dans le 57. Nous prenons en charge des patients des années durant et puis, du jour au lendemain juste après une hospit, on nous annonce (quand on se donne le mal de nous l’annoncer), que le patient est désormais pris en charge par l’had. Au mépris du patient, de sa famille qui préfèrent continuer avec nous mais à qui on dit qu’ils sont obligés de poursuivre les soins avec l’Had et que les libéraux ne sont plus capables ... C’est un véritable scandale, car l’had est bien entendu rémunérée au forfait, que ce soit pour une prise en charge lourde ou pour faire une simple injection. Il faut quand même remettre les choses à leur place et rappeler que les professionnels libéraux de ville sont tout aussi compétents, capables et en mesure de prendre en charge des patients lourds à leur domicile quels qu’ils soient; en coordination avec le médecin traitant, parfois aussi des associations de soins palliatifs. Les prestataires de matériel médical nous fournissent du matériel de grande qualité, moderne, et nous permettent de travailler bien mieux qu’à l’hôpital ou qu’avec une HAD.

    Alors puisque les autorités de santé semblent connaître uniquement ces organes de soins dans le virage ambulatoire, je rappelle que nous aussi et surtout sommes là, 7 jours sur 7 et H24 pour nos patients... et que nous coûtons sans doute moins cher ! Christelle B

  • On nous étouffe de réseaux

    Le 15 décembre 2017

    Complètement d'accord avec vous. N'oublions pas de préciser que le libre choix du patient est rarement respecté. Dans de nombreux services hospitaliers, le personnel privilégie souvent l'HAD, sans prendre la peine de demander au patient s'il a une IDE, sans nous téléphoner pour nous demander si nous pouvons le prendre en charge. C'est vraiment une concurrence déloyale et interdite, mais pratiquée au quotidien. On nous étouffe de réseaux, de programmes d'aide, alors qu'il serait si facile d'utiliser les moyens qui existent déjà sur le terrain, nous les IDE...Il n'est pas rare de voir un patient pris en charge par l'HAD pour un kyste pilonidal, ou un mal perforant plantaire...Bien sur, ces patients nous les récupérons dès que le prix de prise en charge par l'HAD diminue. Moi cela me choque...Parlons aussi des patients que l'HAD refuse de prendre en charge malgré une demande médicale... heureusement que l'IDE est là à ce moment là pour assurer les soins de ces patients qu'elle ne laissera jamais tomber, elle...Madame la Ministre, venez voir ce qui se passe sur le terrain et vous ferez des économies. Je peux vous l'assurer...

    Corinne Galinier (IDE)

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