Querelle des Anciens et des Modernes à l’hôpital

Annibal Carrache, Hercule à la croisée des chemins
Paris, le mardi 13 mars 2018 – Une enquête réalisée par le cabinet de recrutement spécialisé dans le secteur de la santé Appel medical search, auprès de 228 cardiologues, anesthésistes, radiologues et urgentistes exerçant en établissement public et privé âgés de plus de 45 ans fait apparaître une querelle des Anciens et des Modernes à l’hôpital.

Ainsi, la nouvelle génération inspire aux sondés un « avis négatif » dans 56 % des cas ou mitigés (5 %) !

Les répondants mettent en cause l’« engagement » moindre des jeunes médecins (69 % des répondants) et leur « disponibilité » inférieure à la leur pour 85 % des praticiens interrogés. En outre, ils reprochent à la nouvelle génération d’être trop soucieuse de son épanouissement personnel au détriment des notions de vocation et de sacerdoce. Ainsi, selon les médecins hospitaliers les plus chevronnés, les "jeunes" sont trop motivés par « une rémunération attractive » (72 %) et par « la possibilité d’équilibrer vie privée et vie professionnelle » (67 %).

Ces jugements péjoratifs s’expliquent (peut-être) par une vision assez noire de l’avenir en général : 60 % des sondés se disent inquiets ou pessimistes pour le futur de la profession.

« Loin de faire sourire, cette nouvelle version, transposée à l’hôpital, de la querelle des Anciens et des Modernes met en lumière le fossé générationnel qui se cristallise sur la question de l’équilibre des temps de vie. Si elle veut recueillir l’appui de l’ensemble du corps hospitalier, nul doute que la future réforme de l’hôpital devra trouver une solution pour combler ce fossé » analyse Christophe Bougeard, directeur général d’Appel Médical.

Relativisons, enfin, en rappelant ces mots attribués à Socrate par Platon dans La République : « les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe, ils sont mal élevés, méprisent l’autorité, n’ont aucun respect pour leurs aînés, et bavardent au lieu de travailler »…

F.H.

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Vos réactions (8)

  • Platon et le XXI° siècle

    Le 13 mars 2018

    Platon le disait dèjà...en fait, plusieurs facteurs sont apparus ces 20 dernières années et c'est folie de ne pas en tenir compte! les anciens ont "encaissé " la nouvelle donne car ils étaient déjà en place. Mais ces 20 dernières années justement, on a assisté à l'embauche importante de PH qui sont payés 3.000-3.500 euros (sans les gardes) par les hôpitaux publics, chiffre complètement dépassé par les gains en secteur privé (plus du double!), la gouvernance réductrice des services, l'absence croissante de secrétaires, la paperasse devenue astronomique, et les étudiants en médecine formés comme bêtes de concours dont on attend qu'ils soient tous des prix Nobel un jour...et si vous voulez devenir PU-PH (et avoir un salaire décent), il faut publier et surtout pas s'occuper des patients, on n'a pas le temps...en médecine générale aussi les jeunes ne se bousculent pas pour s'installer : cette désaffection est très préoccupante.

    Dr Astrid Wilk

  • Les chiens font des chats?

    Le 13 mars 2018

    Ce conflit est le même partout, pour tous, se reproduit sur un mode ou un autre à chaque génération.
    La médecine est devenue un métier plus qu'une vocation. Il est temps que les jeunes médecins pensent aussi à eux, il est grand temps que les femmes médecins puissent équilibrer vie de famille et vie professionnelle sans en pâtir dans leur carrière: ce n'est toujours pas gagné.

    Dans la population générale, tous métiers confondus, avec ou sans diplômes, 20% sont des dirigeantes. Mais en médecine, à fonctions et diplômes égaux, c'est moins de 20% : un sacré plafond de verre.
    Enfin, il faut arrêter de dire que les femmes médecins" travaillent" moins que leurs confrères. On peut juste dire que leur temps d'exercice professionnel est légèrement inférieur mais leur temps global de travail est très nettement supérieur.

    Une vieille

  • Et qui a raison ?

    Le 13 mars 2018

    Quand je fais le bilan, après 32 ans d'exercice, je me dis que les jeunes ont bien raison de vouloir "concilier vie familiale et professionnelle". Pourquoi l'exercice de la médecine serait-il obligatoirement un sacerdoce? Les anciens qui ont passé une grande partie de leur jeunesse à l'hôpital, ont vu leur femme puis leurs enfants s'en aller et se retrouveront peut-être quasiment sans retraite d'ici quelques années sont-ils un exemple à suivre?
    Aller voir sur wikipédia qui étaient les médecins "anargyres". Bizarrement ils ont tous finis en martyrs. Est-ce vraiment un exemple à suivre?

    Dr Fabien Foesser

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