Refus de raser sa barbe : un médecin égyptien renvoyé et débouté par la justice

Ambroise Paré, une vielle barbe de la chirurgie
Paris, le mardi 2 janvier 2018 - Un médecin égyptien âgé aujourd’hui de 35 ans effectuait en 2013 un stage de spécialisation en chirurgie viscérale au centre hospitalier de Saint-Denis dans le cadre d’un partenariat avec le National Liver Institute de l’université de Menoufia. L’homme arborait une barbe qualifiée par les responsables de l’établissement de « particulièrement imposante ». Soucieuse de faire respecter la « neutralité » et la « laïcité » de l’hôpital public, a fortiori compte tenu de l’environnement « multiculturel » de Saint-Denis, la direction a demandé à plusieurs reprises au praticien de raser cette barbe considérée comme « la manifestation ostentatoire d’une appartenance religieuse ». Sans nier que cette barbe soit effectivement liée à un « engagement religieux », l’homme a refusé de se plier aux injonctions de l’hôpital. Ce dernier a alors choisi de résilier la convention de stage en vertu de laquelle il était présent à Saint-Denis. Les faits ont été examinés par la justice administrative qui en première instance a donné raison à l’hôpital. La semaine dernière, la cour d’appel de Versailles a confirmé cette décision, en considérant qu’en refusant de se séparer de sa barbe, l’homme avait contrevenu au respect des « principes de neutralité et de laïcité du service public ». La rupture de la convention n’a pas été jugée « disproportionnée ».

L’absence de toute action prosélyte de la part du praticien ou l’impossibilité pour la direction de l’hôpital de produire des témoignages confirmant l’existence de tensions autour de l’apparence du médecin n’ont pas été considérées comme suffisantes pour donner raison au praticien.

Le fait que l’homme n’ait jamais dénié le caractère religieux de sa barbe a notamment pesé en sa défaveur ce qui a été considéré comme un argument de faible portée par son avocat qui prévoit aujourd’hui de se pourvoir devant le Conseil d'Etat.

M.P.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (4)

  • Hygiène

    Le 05 janvier 2018

    Au delà du religieux, j'y vois plutôt un grave problème d'hygiène et un nid à staphylo.

    Dr Patrick Ramadier

  • Un facteur de risque infectieux

    Le 05 janvier 2018

    Il aurait été très simple d'ajouter que le port de la barbe qui est semble-t-il dans ce cas un parti pris religieux est un facteur de risque : la multiplication des germes microbiens est favorisée par cet organe pileux.

    Françoise Baudry

  • Ridicule

    Le 06 janvier 2018

    Cette police des costumes est ridicule. A partir de combien de cms 1 barbe devient-elle illégale ? L'absence de barbe doit-elle aussi être considéré comme un signe religieux opposé ?

    J. Métais

Voir toutes les réactions (4)

Réagir à cet article