Renforcer l’autonomie des patients : une mission confiée à Christian Saout

Paris, le vendredi 27 février 2015 – Qu’on se le dise, Marisol Touraine, ministre de la Santé ne travaille pas du tout dans l’optique d’un abandon de son projet de loi de santé, pourtant souhaité par plus d’une quarantaine d’organisations de professionnels de santé, qui exprimeront leur rejet de ce texte le 15 mars prochain lors d’une grande manifestation parisienne.

Au contraire, le ministre semble déjà préparer l’après. Qu’en sera-t-il par exemple des « projets d’accompagnement sanitaire, social et administratif » dont l’article 22 de son projet de loi suggère la mise en œuvre ? Il s’agit à travers ces « dispositifs » de « renforcer l’autonomie et la capacité de décision des personnes malades » détaille le ministère de la Santé. Concrètement, des expérimentations devront être lancées durant une période de cinq ans, qui feront l’objet d’une convention entre les Agences régionales de santé (ARS) et les promoteurs de ces programmes. Au-delà de ce cadre général, quelles seront les actions à privilégier ? Quels critères s’appliqueront pour sélectionner les projets à retenir ? Comment à l’issue de la phase pilote les évaluer et décider ou non de leur éventuelle généralisation ? Pour répondre à ces différentes questions, le ministre de la Santé a confié à Christian Saout « une mission sur l’accompagnement des patients », dont les conclusions sont attendues « à la fin du premier trimestre 2015 » peut-on lire, soit dans à peine un mois !

Marisol Touraine recompte ses alliés avant la dernière bataille

Le sujet bien sûr ne peut qu’intéresser le patron du Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui a formulé plusieurs propositions concernant la loi de Santé, dont certaines concernaient cette question spécifique de "l’accompagnement des patients". Christian Saout le promet dans les colonnes du Quotidien du médecin, il établira une nette séparation entre sa fonction de président du CISS et la mission qui lui a été confiée. Pourtant, au-delà du fait qu’aujourd’hui, sans sa rubrique « On parle du CISS », le site du collectif reprend les articles où l’annonce de la mission confiée à Christian Saout est évoquée, difficile de ne pas voir dans cette nomination une dimension politique. En effet, face à l’hostilité pléthorique déclenchée par son projet de loi, le ministre de la Santé n’a pu compter sur l’heure que sur de rares soutiens, dont celui du CISS, qui n’a cependant pas tu quelques critiques (notamment sur le volet "accès aux données de santé"). Il est probable qu’en donnant à Christian Saout ce rôle dans l’élaboration de la loi de santé, le ministre tente de renforcer ses alliances.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • La Nomenklatura

    Le 28 février 2015

    On prend les mêmes et on recommence...ou l'histoire d'un magistrat, "alpiniste", qui peut aller partout,... dans toutes les commissions, les associations,...un grand donneur de leçon, au monde médical, un sujet très vertueux pour les autres, dans la lignée d'un "socialiste pur et dur",...vertu que sur le papier, comme le révèle parfois l'actualité, dans tous les arrangements entre amis. La philosophie de ce monsieur, en matière de santé, d'économie de la santé, est la philosophie qui nous a conduit dans un mur, bien épais, depuis 40 ans; mais dont il est un fervent défenseur.
    "Renforcer l’autonomie des patients" est un bon titre, accrocheur mais une véritable autonomie est indissociable d'une responsabilité du patient et donc d'un peu moins d'assistance...

    Dr Christian Trape

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