Rupture des négociations conventionnelles avec les infirmières : la FNI monte au front

Paris, le mardi 4 septembre 2018 – Début juillet, la rupture a été définitivement consommée. Les trois syndicats représentatifs des infirmiers libéraux ont claqué la porte des négociations ouvertes avec l’Assurance maladie. Après différents atermoiements ayant entamé la patience des organisations, l’enveloppe finalement présentée aux infirmières par Nicolas Revel, patron de l’Assurance maladie a été jugée notoirement insuffisante pour répondre aux attentes de la profession. Les syndicats ont considéré avec dépit que les engagements des pouvoirs publics n’étaient nullement à la hauteur des efforts déployés pour les médecins et les pharmaciens, tandis que ces derniers se sont vus attribués différentes missions normalement dévolues aux infirmières. Aussi, refusant de poursuivre les discussions, ils ont par ailleurs adressé une lettre au Premier ministre lui demandant son arbitrage. Une demande restée lettre morte.

Impossible de se passer des infirmières libérales

L’été n’a pas apaisé la déception des infirmières, d’autant plus qu’elles n’ont obtenu aucun signe de sollicitude de la part du gouvernement. Si à l’instar de l’ensemble des professionnels de santé, elles attendent avec fébrilité le dévoilement de la grande réforme du système de santé, elles sont déjà déterminées à faire entendre leurs voix. L’enjeu est important en effet : « l’avenir du système de santé ne peut se construire qu’avec le réseau des infirmières libéraux bien répartis sur le territoire », insiste la Fédération nationale infirmière (FNI) dans une lettre ouverte aux Parlementaires et aux Députés.

Un écart inquiétant entre les objectifs affichés et les moyens déployés

Dans cette missive dévoilée il y a quelques jours, la FNI revient sur les propositions de l’Assurance maladie dont elle considère qu’elles sont totalement « déconnectées des enjeux liés au virage ambulatoire psalmodié par les tutelles. De plus, l’étalement de l’entrée en application des mesures consenties jusqu’en 2021, après plus d’une année de travaux conventionnels confirme que le Directeur général de l’UNCAM ne mise pas réellement sur l’implication des infirmiers libéraux pour favoriser ce virage ambulatoire ». Comment ne pas y voir un « très mauvais signal », s’interroge la FNI auprès des Parlementaires.

Vers une grève ?

Espérant obtenir à travers cette sensibilisation des élus une implication du ministère de la Santé ou du Premier ministre, la FNI n’exclut pas d’autres moyens de pression, et notamment une grève des infirmières libérales. Il lui faudrait alors pour de plus grande chance de succès de son mouvement pouvoir compter sur la mobilisation des autres organisations syndicales, qui sont elles aussi déterminées à manifester leur colère.

Diane Caulet

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