Santé publique France observe une « nette dégradation de la situation » épidémique

Paris, le vendredi 11 septembre 2020 – Cette semaine encore, le bulletin hebdomadaire de Santé Publique France consacré au Covid-19 fait état d’une dégradation de tous les indicateurs épidémiques.

En médecine ambulatoire on note une hausse de l’incidence des consultations pour infections respiratoires aiguës (36/100 000 habitants en S36 [du 30 aout au 6 septembre] vs 31/100 000 habitants en S35) ainsi que du nombre de recours à SOS médecins pour suspicion de Covid-19 (4 144 actes vs 3 033), une intensification de l’activité en ville que l’on constate depuis 4 semaines.

De même, à l’hôpital, 3 538 passages aux urgences (vs 2 855) pour tableau clinique évocateur de Covid-19 ont été rapportés (1,3 % de l’activité totale), soit une progression continue depuis 5 semaines.

Des augmentations qui se traduisent, logiquement, par un accroissement de l’incidence des tests positifs pour le SARS Cov-2.

Ralentissement de la hausse ?

Au niveau national, en semaine 36, 902 815 personnes ont été testées pour le SARS-COV-2 par RT-PCR. Parmi elles, 47 294 étaient positives (vs 39 375 en S35, +20 %).

Au total, le taux national d’incidence était de 70,5 cas/100 000 habitants en S36 et s’est une nouvelle fois accru par rapport à la semaine précédente (58,7 cas /100 000 hab. en S35, + 20 %). Cette augmentation est cependant moins forte que celle observée les semaines précédentes (+ 62% entre S33 et S34, + 46 % entre S32 et S33). Un ralentissement également constaté pour le temps de doublement qui est en augmentation (14,4 jours vs 13,4 jours).

Figure 1 : nombre de personnes testées, nombre de personnes testées positives pour le SARS-CoV-2 et taux de positivité dans les laboratoires, par semaine.

Au niveau régional, en semaine 36, seuls deux départements connaissent un taux d’incidence inférieur à 10/100 000 hab (la Meuse et la Creuse). Sept départements présentent des taux supérieurs à 100/100 000 hab. Les plus élevés sont les Bouches-Du-Rhône (196/100 000 hab.), la Gironde (159), Paris (150), les Alpes-Maritimes (134), le Rhône (133), le Val-de-Marne (125) et les Hauts-de-Seine (119).

Le taux de positivité des test PCR est supérieur à 5 % (5,2 % au niveau national) dans 23 départements de France métropolitaine (contre 13 la semaine précédente). Les taux les plus élevés étaient rapportés dans les Bouches-du-Rhône (8,5 %), la Gironde (8,2 %), le Val-de-Marne (8,1 %), le Rhône (8,1 %), la Seine-Saint-Denis (7,4 %), Paris (7,2 %) et les Alpes Maritimes (7,2 %).

On notera également que plus de la moitié des cas positifs (52,7 %) présentaient des symptômes, cette proportion est en légère augmentation par rapport à la S35 (49 % en S35).

Le taux d’incidence reste, comme depuis le début de l’été, particulièrement élevé chez les 15-44 ans.

Ainsi, en semaine 36, ce taux d’incidence pour 100 000 était de 27 chez les 0-14 ans, 123 chez les 15-44 ans, 54 chez les 45-64 ans, 28 chez les 65-74 ans et 28 chez les 75 ans et plus. Mais c’est chez ces derniers que le nombre de contaminations a augmenté le plus vite faisant craindre des arrivées massives en milieu hospitalier. Ainsi, en semaine 36, par rapport à la S35, le nombre de contaminés s’est accru de 44 % dans cette tranche d’âge.



Figure 2 : évolution des taux d’incidence des cas de SARS-COV-2 selon les classes d’âge, depuis la semaine 23/2020, France métropolitaine

Concernant les clusters (hors EHPAD), en S36, on observe 291 agrégats signalés (vs 200 en S35). Dans les EHPAD, depuis 6 semaines, le nombre hebdomadaire de nouveaux clusters (30 clusters en S36) était supérieur à celui observé depuis début juin. Sur les 224 clusters, 27 % (n=60) étaient en cours d’investigation, 10 % étaient maitrisés, 63 % clôturés et aucun cluster n’avait diffusé. La majorité (69 %) comportait plus de 5 cas (12 en moyenne par foyer épidémique).

Une mortalité « normale »

Cette situation épidémiologique commence à se traduire par une augmentation de l’activité hospitalière, ainsi, le 8 septembre 2020, 4 960 cas de COVID-19 étaient hospitalisés en France (vs 4 604 le 1er septembre, le temps de doublement étant évalué à 33 jours) dont 574 en réanimation (vs 424 le 1er septembre). Le nombre hebdomadaire de déclaration de décès survenus au cours d’une hospitalisation pour COVID-19 est lui aussi en progression par rapport à la semaine précédente avec 129 décès en S36 (d’âge médian 84 ans) versus 100 décès en S35.



Figure 3 : nombre hebdomadaire de nouvelles admissions de patients COVID-19 en réanimation, selon la date de déclaration, depuis le 19 mars et depuis le 1er juin 2020, données au 08 septembre, France (source : SI-VIC)


Figure 4 : nombre hebdomadaire de cas de COVID-19 nouvellement hospitalisés selon la date de déclaration, depuis le 19 mars et depuis le 1er juin 2020, données au 08 septembre 2020, France (source : SI-VIC)

Soulignons en revanche que la mortalité toute cause est, en France, à son étiage « normal » depuis la fin avril selon les dernières données publiées par l’INSEE le 4 septembre.



Figure 5 : nombre de décès par jour jusqu'au 24 août

En conclusion de cet inventaire, SPF souligne : « la circulation virale continue sa progression entrainant une nette dégradation de la situation » et « bien que les niveaux d’hospitalisations et des admissions en réanimation restent modérés, la progression de ces indicateurs est préoccupante, particulièrement en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ».

X.B.

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