Sécurité à l’hôpital : Martin Hirsch veut mettre le paquet sur la vidéosurveillance

Paris, le mercredi 16 mai 2018 – La progression des tensions auxquelles sont confrontés les services d’urgences est l’objet de nombreux commentaires et alertes depuis plusieurs mois. Inévitablement, les engorgements dénoncés par les personnels entraînent des regains de violence ; le temps d’attente étant en effet l’un des premiers motifs d’incivilité et d’agressions des patients contre les équipes soignantes. Sans que l’on dispose encore de chiffres signalant éventuellement une augmentation récente des violences, le niveau constaté au sein des établissements de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) est déjà élevé : 3 282 événements indésirables ont été signalés l’année dernière. « Depuis quelques années, il est à la mode de se focaliser sur la religion dans les hôpitaux, alors que l'incivilité y est un problème beaucoup plus important » a remarqué hier le patron de l’AP-HP, Martin Hirsch qui présentait un plan de renforcement de lutte contre la violence.

Vidéo surveillance intelligente

La mesure phare de ce programme est un investissement massif dans la télésurveillance : 30 millions d’euros vont être consacrés dans les trois prochaines années à l’achat de 1 500 caméras supplémentaires (soit une augmentation de 40 %) destinées à être installées dans la plupart des établissements franciliens. Parmi ces nouveaux dispositifs, des outils de dernière génération seront employés pour la première fois dans le milieu médical. Ces caméras sont capables de détecter certains événements suspects, tels une bagarre, la présence d’un colis ou encore une chute. Cette technique employée aujourd’hui dans les aéroports pourrait être la promesse d’interventions plus rapides, alors que dans chaque hôpital, l’analyse des images sera assurée par des postes de sécurité s’adaptant aux contraintes particulières des établissements. Parallèlement à la vidéo-surveillance, des affichages seront mis en place rappelant les peines auxquelles les auteurs d’injures et d’agressions contre les personnels soignants s’exposent.

Surveiller c’est bien, discuter c’est mieux

Cependant, la vidéo-surveillance, dont l’efficacité limitée (mais plus souvent dans les milieux ouverts) a été signalée à de nombreuses reprises dans différentes publications françaises et internationales ne saurait être l’unique réponse aux problèmes de violence, d’autant plus quand on souhaite, comme l’affirme Martin Hisrch, que l’hôpital demeure également un lieu "ouvert". L’accent sera également mis sur les moyens : « Nous travaillons également sur notre propre comportement et sur un meilleur accueil du malade et de sa famille » a indiqué le patron de l’AP-HP. L’emploi de médiateurs dans les services connaissant des tensions particulières afin d’expliquer certains fonctionnements particuliers pourrait également être une piste exploitée. A l’hôpital Nord à Marseille où un tel dispositif a été déployé aux urgences, le chef de service Antoine Roch a noté un certain mieux : « On ne peut pas le chiffrer scientifiquement, mais on sent une amélioration. Ils informent sur l'attente, désamorcent les conflits, préviennent les tensions. Cela sert à tout le monde, les patients comme les soignants, que les situations de conflits rendent plus vulnérables » indique-t-il au Parisien.

Léa Crébat

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