Surprise : la démocratie sanitaire ne serait qu’un leurre, un cadre élevé du ministère de la santé dénonce !

Paris, le lundi 22 février 2016 - L’expression "démocratie sanitaire" est sur toutes les lèvres et notamment sur celle du ministre de la Santé, qui multiple les concertations, grands débats et autres consultations. Mais, comme certains l’ont déjà subodoré, cet engouement pour la démocratie sanitaire ne serait qu’un leurre. C’est en tout cas ce que vient de dénoncer avec fracas l’ancien secrétaire général de la Conférence nationale de santé. Cet organe créé en 2004 est composé de 120 membres représentants le monde de la santé (des patients aux médecins en passant par les infirmières, les élus ou les chercheurs) et doit remettre des avis "indépendants" destinés à éclairer ministère et parlementaires. Une indépendance qui n’aurait guère plu à Marisol Touraine selon Thomas Dietrich qui dans un mémoire de 28 pages remis à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et dont le Parisien a pu consulter une copie dénonce les multiples tentatives d’ingérence du ministère. « Il fut exigé que je fasse relire les avis ou contributions de la CNA par le cabinet de la ministre » évoque-t-il notamment, avant de signaler la réduction à peau de chagrin du budget de la Conférence ou son éviction du pilotage du grand débat sur la vaccination. Autant de contradictions manifestes avec la volonté affichée de défendre la "démocratie sanitaire" qui ont poussé Thomas Dietrich à la démission, annoncée à son supérieur Benoît Vallet, directeur général de la santé par une lettre qui s’achève par un sonnant : « Permettez-moi l’ultime honneur de ne pas vous saluer ».

A.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (7)

  • Bravo ! Un espoir renaît

    Le 22 février 2016

    Bravo à ce courageux et honnête jeune fonctionnaire Thomas Dietrich, qui n'en est pas à un coup d'essai puisqu'il dénonce aussi le financement occulte de la politique française par les dictateurs du Tchad et de Guinée, dévalisant ainsi les énormes besoins de leur pays. La preuve donc que la démocratie sanitaire est une utopie avec ces gouvernants crapuleux et corrompus. On apprend par la même occasion le financement à hauteur de 2 M€ du CISS par le Ministère de la Santé et l'industrie pharmaceutique, ce qui explique sa complaisance....
    Vite, opération mains propres sur la santé !

    Serge Rader

  • Ce n'est pas une surprise du tout !

    Le 22 février 2016

    Quand on s'est frotté à ce qu'on désigne par santé publique, à l'ex DDASS par exemple, on n'a aucun doute sur la question.

    Dr Jacques Lacaze

  • Bon courage et merci Monsieur Dietrich

    Le 22 février 2016

    La majorité des médecins n'est pas dupe de ces simagrées, mais continue, malgré les obstacles à rendre service aux patients qui leur en sont reconnaissants comme en témoignent les sondages consécutifs. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

    A l'époque du savoir partagé, nous devons pouvoir élire et noter les "experts"; à l'heure des économies, nous devons affirmer qu'une consultation médicale vaut plus qu'une coupe de cheveux (heureusement pas de ministre); à l'époque d'internet, il est bon de savoir qui touche quoi et de qui.

    Pas de populisme, mais appelons un chat un chat.

    Dr François Simonneau

Voir toutes les réactions (7)

Réagir à cet article