Suspension par l’Ordre d’un médecin roumain pour défaut de "connaissance"

Paris, le jeudi 9 juillet 2015 - Afin d’éviter que le départ à la retraite du docteur Pierre Lockert-Delpuech en mai 2014 après avoir exercé à Plouray (Morbihan) pendant trente-huit ans, ne transforme sa ville en désert médical, le maire avait choisi d’anticiper et de préparer le recrutement d’un nouveau praticien. Il ne lésina pas sur les moyens et fit appel à une agence de recrutement, déboursant 12 000 euros. Enfin, le docteur Dan Viorel, originaire de Roumanie, accepta de s’installer à Plouray et de bénéficier des avantages qui lui étaient accordés (logement au sein de la maison médicale notamment). Le Conseil de l’Ordre valida en avril 2014 cette installation. Mais aujourd’hui, le Conseil départemental de l’Ordre du Morbihan vient de décider de suspendre le praticien. « Le niveau général de ses connaissance a finalement été jugé insuffisant » indique le maire de Plouray, Michel Morvant au journal Ouest France, qui ne précise pas si des "signalements"  de patients sont à l’origine de cette décision. Une formation complémentaire et de nouveaux examens doivent être passés par Dan Viorel, dont la situation sera réexaminée dans dix-huit mois. Aujourd’hui, le maire de Plouray se remet en quête d’un nouveau praticien.

M.P.

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Vos réactions (8)

  • Les fourches caudines de l'Ordre

    Le 11 juillet 2015

    Il est difficile voire imprudent de réagir à cette information relayée aussi dans Le Monde tant on ne connaît pas les détails de l'histoire. Mais elle montre à quel point nous sommes tous assis sur des sièges éjectables. On ne sait pas qui a envoyé ce confrère sous les fourches caudines de l'Ordre mais une fois que l'on y est c'est la fin. Morale de l'histoire, en faire moins, mieux et prendre du temps pour sa formation; les villageois n'ont plus de médecin.

    Dr Vincent Jubault

  • Installation d'un médecin d'origine étrangère

    Le 11 juillet 2015

    J'ai pu observer l'installation d'un médecin d'origine étrangère.
    Son installation dans deux villages situés dans deux départements mitoyens a été annoncée par deux journaux aux titres différents et propres aux régions dans lesquelles se trouvent ces départements.
    Il y a fait l'objet d'une publicité à laquelle les médecins français n'ont pas droit (photos, heures d'ouverture, etc.).
    De plus, dans l'un des deux villages concernés, le bulletin municipal a relaté son installation dans le "mot du maire" et en page intérieure avec photo au côté de Monsieur le maire dans le cabinet prêté par la mairie, heures et jours d'ouverture, adresse du cabinet.
    Tout cela est-il bien déontologique ?

    Dr FG

  • Insuffisance de formation

    Le 11 juillet 2015

    Je note que c'est à la suite de plaintes de patients que l'Ordre a réagi.
    Quid de l'évaluation continue et de sa pertinence?
    Cela d'autant plus que les médecins viennent d'horizons où les formations sont loin d'être équivalentes à celles dispensées dans nos facultés.

    Dr Christian Marty

  • Le bon papier

    Le 13 juillet 2015

    Selon les articles, lus dans la presse, le motif serait d'ordre administratif, serait une incompétence dans ce domaine, ...car c'est important de bien remplir le bon papier pour bien soigner un patient, avec une SS vigilante...

    Dr Christian Trape

  • Une amorce de solution

    Le 18 juillet 2015

    Cette histoire est révélatrice de l'incohérence de certains de nos confrères. Ce sont les mêmes qui se sont opposés à l'élargissement du numérus clausus ces 20 dernières années qui maintenant payent des cabinets de recrutement fort cher pour faire venir d'Europe Centrale des médecins dont la formation est loin d'être équivalente à la notre. Ce sont les même qui autorisent ces médecins étrangers à exercer dans notre pays sans les évaluer au préalable et qui les suspendent ensuite quand les patients se plaignent. Ce sont les même qui au nom du libéralisme ont laissé la démographie médicale se développer de façon anarchique et qui maintenant voudraient tout régenter. Je sais bien que l'exercice du pouvoir est difficile mais là dans ce domaine, il y a eu de la part de nos institutions représentatives un manque de visibilité, à court et à long terme, évident.
    Je n'ai pas de solutions à proposer mais une amorce de réponse dans les questions que je pose : réévaluation du numérus clausus, évaluation voir stages de formation de nos collègues étrangers y compris pour l'expression de la langue Francaise et finalement régulation des installations de structures médicales selon les besoins de la population avec toutes les aides nécessaires.

    Dr Michel Bounioux

  • Vérité?

    Le 18 juillet 2015

    On nous parle d'insuffisance de formation. S'agit-il des connaissances médicales ou des connaissances de toutes les tracasseries administratives françaises. Impossible de discuter dans ces conditions .N'oublions pas que nos jeunes étudiants français vont se former en Roumanie.

    Dr Jacqueline Plot

  • L'exemple américain

    Le 19 juillet 2015

    Lorsqu'on veut exercer en Amérique du Nord avec un diplôme étranger, même comme assistant et quelle que soit sa nationalité, on doit se soumettre à un examen, l'ECMFJ qui comporte 360 questions QCM de médecine + un examen d'Anglais, le tout n'étant pas facile.
    Pourquoi ne pas prévoir le même type d'examen en France pour les médecins étrangers ou français ayant un diplôme étranger. Il suffit d'aller puiser les questions dans les ECMFJ des 50 dernières années. La réussite entraîne des droits équivalents à un diplômé français et un salaire équivalent...
    Dr Guy Roche

  • Une opinion très négative

    Le 19 juillet 2015

    En matière de nutrition, de diabétologie, p. ex. la plupart des généralistes et des médecins des hôpitaux sont des nuls, des ignorants (manque quasi total de connaissances médicales dans ces matière).

    François Sahli

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