Tests rapides de dépistage de l’hépatite B : feu vert de la HAS

Paris, le mardi 26 juillet 2016 – La journée mondiale des hépatites sera célébrée ce 28 juillet. Cette manifestation devrait être l’occasion de rappeler l’importante mortalité liée aux virus responsables d’hépatites, dont une récente étude publiée dans le Lancet a souligné qu’elle était plus importante que celle due au paludisme. Parmi les différents défis de la lutte contre les hépatites, le dépistage des sujets s’ignorant est une priorité. Ils atteindraient en effet plus de 50 %. Pour faire évoluer cette situation, des tests rapides d’orientation diagnostic (TROD) ont été développés, qui permettent de toucher une population habituellement réticente à consulter des professionnels de santé. Ces derniers, en effet « ne requièrent qu’une goutte de sang prélevée par microponction au bout du doigt, ce qui rend sa réalisation plus facile et plus acceptable qu’un prélèvement veineux pour les personnes à dépister » indique la HAS.  L’utilisation de ces dispositifs n’est cependant pas encore généralisée, notamment au sein des associations de patients qui le souhaitent, en raison de freins réglementaires ou d’évaluations encore en cours.

Ne se substitue pas au dépistage classique

Une nouvelle étape vient cependant d’être franchie en ce qui concerne le TROD de l’hépatite B avec la publication hier d’un avis favorable de la Haute autorité de Santé (HAS). L’instance rappelle qu’on estime que « 55 % des personnes atteintes d’hépatite B en France ignoreraient qu’elles en sont infectées ». Une situation qui souligne le rôle que pourrait jouer de nouvelles stratégies de dépistage. Ainsi la HAS considère que les TROD développés à ce jour (dont un seul est pour l’heure commercialisé en France) pourraient constituer un « outil de dépistage complémentaire ».

Comme la majorité des TROD VHB, le seul TROD actuellement commercialisé en France ne détecte que l’un des trois marqueurs de la maladie : l’antigène HBs alors que le dépistage sérologique par un test Elisa à partir d’un prélèvement veineux détecte également l’Ac anti-HBs et l’Ac anti-HBc. Ce qui présente l’avantage de déterminer le statut immunitaire exact de la personne dépistée et donc de répondre au double objectif du dépistage qui vise à identifier : 1/les personnes atteintes d’une hépatite chronique pour permettre leur prise en charge précoce et 2/les personnes exposées au risque n’ayant jamais eu de contact avec le virus de l’hépatite B afin de leur proposer une vaccination.

« Ce TROD permet d’identifier les personnes infectées par le virus, mais pas celles qui n’ont jamais été contaminées par le VHB et qui pourraient bénéficier d’une vaccination. Si les performances de ce test sont jugées suffisantes par la HAS, le TROD ne peut se substituer au test réalisé en laboratoire, qui reste le test de référence dans le dépistage de l’hépatite B » indique la HAS dans un communiqué.

Aussi, préconise-t-elle de recommander la réalisation d’un test sanguin classique complémentaire quel que soit le résultat du test ; le TROD devant fonctionner comme un système de sensibilisation.

Patience

La HAS estime que les associations volontaires devraient pouvoir utiliser le TROD VHB et ainsi compléter leur offre de dépistage, la co-infection VIH/VHB ou VHC étant fréquente notamment. Cependant, aujourd’hui, le recours au sein des associations du TROD VHC est suspendu à la publication d’un nouvel arrêté, présentée comme imminente depuis plusieurs mois, mais qui se fait toujours attendre. D’aucuns avaient espéré que le 25 mai, journée nationale de lutte contre les hépatites verraient la publication de ce texte. Ils espèrent désormais que la nouvelle manifestation de cette semaine verra enfin leur souhait exaucé. «Le TROD VHB est un outil pertinent de dépistage pour aller vers une population migrante et précaire. SOS Hépatites et ses partenaires ont mené en 2015/16 en Ile de France une étude qui a montré l’efficacité et la pertinence de la proposition de dépistage dans cette population dès lors que celle-ci  s’inscrit dans une démarche de santé globale et d’anthropologie culturelle impliquant activement médiateur de santé et les communautés concernées.D’autre part, les autorités sanitaires doivent dès à présent faire preuve de dynamisme pour permettre le déploiement de TROD multi plots associant les dépistages VIH-VHC-VHB et syphilis» insiste interrogée par le JIM, Hèléne Delaquaize, administratrice et référente populations vulnérables  de la fédération SOS Hépatites

Aurélie Haroche

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