Tour d’horizon des « nombreux effets délétères » du tiers payant généralisé

Paris, le mardi 1er août 2017 - Alors que les médecins libéraux ne savent plus "à quel saint se vouer", la position gouvernementale sur le tiers payant généralisé évoluant au gré des humeurs, un cardiologue exerçant en libéral à Chantilly, le Dr François Zanaska, fait, dans le quotidien l’Opinion, le point sur les « nombreux effets délétères » qu’il sent poindre avec le tiers payant généralisé (TPG). 

Après avoir déploré les « errances gouvernementales », il rappelle le retour d’expérience des pharmaciens sur le tiers payant qui s’applique déjà dans les officines.

Ainsi, une enquête menée en décembre 2016 auprès de 503 pharmaciens par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine avait révélé que la pratique du tiers payant coûte entre 13 246 et 28 601 euros par an et par pharmacie et demande 10 % de temps de gestion supplémentaire !

Il souligne également, comme d’autres avant lui, la dévalorisation de l’acte médical que risque d’entraîner le TPG : « l’Etat a habitué les Français à la gratuité des médicaments, il s’apprête à faire de même avec la prestation des médecins. Cette mesure semble venir d’un autre âge que nous croyions révolu. Chacun connaît la valeur accordée aux produits et aux actes gratuits. Il est clair que le tiers payant généralisé ne va pas aider à valoriser l’acte médical ».

Il évoque enfin que, en cas d’application du TPG, les médecins devront « se battre quotidiennement pour se faire payer par l’administration, sans garantie de succès ».

Et de conclure : « Emmanuel Macron déclare aimer les entrepreneurs, mais quels griefs a-t-il contre les professions libérales pour les traiter de la sorte ? Nous devrions éviter ce genre de décisions hâtives où on reprend les idées dogmatiques de ses prédécesseurs sans évaluation sérieuse de leurs potentiels effets dévastateurs ».

F.H.

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Vos réactions (15)

  • Tiers payant

    Le 01 août 2017

    J'ai exercé nombre d'années en secteur 1, de 1985 à 2015, par esprit altruiste et empathique, imprégné longtemps d'une culture de gauche mitterandiste(!), le tiers payant je connais. Pendant toutes ces années, j'ai traité les patients CMU et AME sans oublier les familles démunies, mais qui ne bénéficiaient ni de la CLU ni de l'AME. Quand je faisais mes comptes mensuels, il existait systématiquement un différentiel négatif d'environ 150 € par mois en gros, 1500€ par an : dossiers perdus, mauvais enregistrement des lettres clés. Par exemple, ma consultation C 2, 5 = 57,5 € était remboursée 23 € si le patient n'avait pas sa carte Vitale, les feuilles scannées ne faisaient pas de différence entre la cons générale et la cons spécialiste neuro mais je faisais avec.
    Quand MST a décidé le TP généralisé ça ne pouvait plus continuer avec contrôle des mutuelles chaque soir pour à terme tous les patients, vous imaginez le surcroît de travail et de contrôle, et, en 2016 je suis passé sans transition, comme dit l'autre, au secteur 3 et ça m'a changé la vie, mais je tiens à préciser que j'ai toujours mes pauvres qui ne paient pas ou très peu et la sécu m'oublie.

    Balusdoc

  • Tiers payant : des progrès restent à faire

    Le 06 août 2017

    La qualité de l'acte médical n'est pas lié au ridicule tiers payant avancé par le patient ni même au tarif de la lettre-clé de la nomenclature! Médecin hospitalier, j'ai la naïveté de penser que la dissociation entre les soins et les revenus sont un gage d'indépendance et de clarification. Ceci pour le principe. Sur la mise en œuvre, il est essentiel que l'opération ne soit pas pénalisante pour les professionnels qu'ils soient cliniciens, biologistes ou pharmaciens. Des progrès restent donc à faire, en matière de simplicité et de rapidité, incontestablement.

  • Gratuité apparente des soins

    Le 06 août 2017

    J'ai fait mon service militaire comme médecin aspirant à la base navale de Dakar (A.O.F). L'appel du médecin était gratuit.
    Pendant mes gardes, je n'avais jamais aucun appel avant 23 heures (heure d'extinction de la télé). Ensuite, j'étais harcelé d'appels bidons ("mon fils a mal dormi la nuit dernière, je ne voudrais pas que cela recommence", "avez-vous des bombes contre les moustiques?"; etc.)
    J'en ai conclu que la médecine gratuite conduisait à des abus et à une dévalorisation complète de l'acte. J'ai ensuite, au cours de mon exercice, abusé moi-même des consultations gratuites (1 sur deux) mais c'est moi qui en choisissais les bénéficiaires, et ça change tout.

    Dr JF Warlin

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