Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pharmaciens…

Paris, le mardi 6 juin 2018 – Dans un rapport publié en ligne, l’Ordre national des pharmaciens dresse un panorama de la démographie de la profession.

Rappelons, en préambule, que l’inscription à l’Ordre s’effectue par métier, dans les différentes sections [A (officine), B (industrie), C (distribution), D (adjoint), E (outre-mer) G (biologie) et H (Hôpital)].

En 2017, le nombre de pharmaciens inscrits à l’Ordre, recensés selon leur activité principale, a légèrement décru (-0,53 % par rapport à 2016) et 74 043 ont été dénombrés, contre 74 441 l’an passé.

Au total, en une décennie, le nombre d’inscrits a augmenté de 1,6 % et presque trois-quarts des pharmaciens exercent dans les officines. Cependant, cette orientation « classique » attire moins (-5,7 % depuis 2007) et on constate un intérêt grandissant des pharmaciens pour certaines filières comme l’industrie (+13,1 % d’inscrits en dix ans) ou les établissements de santé (+39,4 %).

Notons encore que la pharmacie est une profession particulièrement féminisée : 67,3 % des pharmaciens sont des femmes.

Maman, comment on devient pharmacien ?

En plus de la voie classique d’accès aux études pharmaceutiques via la première année commune aux études de santé (PACES), les pouvoirs publics ont introduit ces dernières années d’autres possibilités : accès aux deuxième et troisième années aux titulaires d’un master ou équivalent,  passerelles ouvertes aux paramédicaux, droit au remord pour les étudiants engagés depuis au moins deux ans dans la filière médicale, odontologique ou maïeutique. Ces différents dispositifs, qui demeurent marginaux, permettent donc de desserrer quelque peu l’étau du tant redouté numerus clausus.

Concernant l’internat (facultatif), ces dix dernières années, la part des postes ouverts a d’abord connu une progression de 11 % de 2006 à 2007 dans le contexte d’un fort rehaussement du numerus clausus général. Depuis 2015, le nombre de postes est relativement stable. L’arrêté du 4 août 2017 fixe à 498 le nombre de postes ouverts au titre de l’année universitaire 2018-2019. En confrontant la part des postes ouverts annuellement à celui du numerus clausus à l’entrée des études, on constate qu’après une diminution continue depuis 10 ans, environ 16% des étudiants accèdent aux DES de biologie médicale, de pharmacie hospitalière ou d’innovation pharmaceutique et recherche.

Au final, en 2017, 2 233 pharmaciens se sont inscrits à l’Ordre, soit 56 de moins que l’année précédente et le rapport entre le nombre de nouveaux inscrits diplômés depuis trois ans ou moins et le nombre de postes ouverts au concours six années plus tôt, continue d’augmenter, passant de 36,6 % en 2016 à 37,6% en 2017, ce qui signifie que 1163 étudiants ayant franchi le numerus clausus ne se retrouvent pas inscrits à l’Ordre. En effet, certains domaines comme le secteur de l’industrie ou la presse pharmaceutique ne nécessitent pas d’inscription à l’Ordre.

Vers un rajeunissement !

Si pour cette année, l’âge moyen des pharmaciens reste inchangé en 2017, à 46,7 ans, la structure de la pyramide des âges laisse présager un rajeunissement futur de la population des pharmaciens. Deux phénomènes sont effet à l’œuvre, le départ à la retraite de la génération actuellement la plus nombreuse et l’arrivée relativement importante d’une population de jeunes pharmaciens. Au total,  dans les dix ans à venir, les 21 793 pharmaciens de 56 ans et plus en 2017 sont susceptibles de cesser leur activité et  le flux annuel des entrants dans la carrière devrait permettre le remplacement de ceux qui la quittent.

Ces pharmaciens venus d’ailleurs

Outre les étudiants français qui obtiennent un diplôme étranger puis reviennent s’installer en France l’Ordre accueille pas moins de 38 nationalités ! Parmi ces pharmaciens venus d’ailleurs, 54,6 % sont issus du continent africain et 37,3 % sont ressortissants d’un pays membre de l’Espace Économique Européen (parmi eux, on dénombre 144 Italiens, 136 Belges, 77 Espagnols et 69 Roumains), 7,4 % des pharmaciens étrangers sont asiatiques (Moyen-Orient compris).

Enfin, 73,8 % des pharmaciens français diplômés dans un État membre de l’Union européenne autre que la France ont obtenu ce diplôme dans un pays frontalier (55 % en Belgique).

Quand la pharmacie meurt

En 10 ans, 1 377 officines ont été fermées avec une accélération notable ces 3 dernières années. Les évolutions réglementaires intervenues récemment (SEL, SPFPL, ordonnance sur le maillage officinal) ont également favorisé les regroupements.

Il existe un mode de fermeture que l’on peut qualifier d’actif. Il s’agit soit de regroupements (fusion d’officines), soit d’une cession de clientèle pour laquelle le vendeur obtient une compensation financière. Les autres modes de fermetures peuvent être qualifiés de contraints. Il s’agit notamment d’une restitution de licence (fermeture sans repreneur avec remise de la licence à l’ARS). La tendance pour 2017 est la progression continue du nombre de regroupements et la diminution du nombre de liquidations judiciaires.

Depuis 2012, les cessions d’officines ont quant à elle baissé de 9,4%, passant de 1 314 à 1 191 en 2017. Mais cette évolution suit la baisse du nombre d’officines. Ramené au nombre d’officines, le nombre de cessions reste constant, autour de 5% par an.

Reste que le maillage territorial demeure de bonne qualité puisque pour 100 000 habitants, on recense en moyenne 32,6 officines (stable par rapport à 2016), 3,8 pharmacies à usage intérieur (PUI) et 7,3 laboratoires de biologie médicale.

La solitude du pharmacien de fond

Malgré cette tendance au regroupement, le métier de pharmacien d’officine demeure, parfois, une profession solitaire.

Ainsi, parmi les 16 203 officines n’ayant qu’un seul pharmacien titulaire, ce dernier exerce sans aucun autre confrère salarié, dans 23 % des cas (3 656 officines). En considérant les 21 192 officines de métropole, 17 % d’entre elles sont gérées par un titulaire n’ayant pas de collaborateur pharmacien. 

Si ce tableau est globalement encourageant et si la situation des pharmaciens, et en particulier des officinaux, demeure satisfaisante, de nombreuses menaces (remise en cause du monopole pharmaceutique, contraintes de plus en plus grandes…) pèsent sur l’avenir qui pourrait ne pas être si radieux, comme le faisait remarquer au JIM, le président de la FSPF, Philippe Gaertner.

Frédéric Haroche

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