Un cas dramatique de rage dans le Rhône justifie une vigilance maximum

Paris, le mercredi 11 octobre 2017 – Le diagnostic a été confirmé lundi par le Centre national de référence de la rage de l’Institut Pasteur. Un enfant de 10 ans, vivant dans le Rhône, a contracté le virus de la rage, probablement lors d’un récent séjour au Sri Lanka.

Un historique flou

Le seul épisode pouvant correspondre avec une exposition au virus de la rage rapporté par les parents de l’enfant remonte au mois d’août quand la famille effectuait un voyage touristique au Sri Lanka. Sur la plage, l’enfant a joué avec un chiot qui ne semblait présenter aucun signe de la maladie. Un mordillement plus important que les autres a entraîné une plaie. Cet événement pourrait avoir été à l’origine de la contamination de l’enfant.

Le protocole de Milwaukee

La famille n’a nullement suspecté un risque et le petit garçon n’a donc pas reçu de traitement prophylactique au moment de la morsure ou lors de son retour en France. Les symptômes de la rage se sont déclarés le 1er octobre : l’enfant a présenté des difficultés à avaler, un sentiment de terreur et une confusion, évocateurs d’une encéphalite rabique. Inquiet, le médecin traitant a orienté l’enfant vers le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône qui a rapidement décidé de son transport vers les Hospices civils de Lyon. Dans le camion de Samu qui l’y conduisait, le petit garçon a été victime d’un arrêt cardiaque, qui a nécessité une intubation en urgence par l’équipe du Samu. Aujourd’hui, l’enfant est en service de réanimation cardiaque et il n’existe pratiquement aucun espoir de lui sauver la vie.

Les très rares cas répertoriés de survie chez des patients atteints de rage concernaient des patients chez lesquels une vaccination anti-rabique avait été initiée avant l’apparition des symptômes. Chez une malade seulement, Jeanna Giese, une adolescente américaine mordue par une chauve-souris, une prise en charge spécifique, baptisée protocole de Milwaukee, a permis une guérison. Le traitement décrit dans le New England Journal of Medecine en 2005 avait consisté en une réanimation générale intensive avec ventilation assistée durant 27 jours, une prise en charge adaptée des multiples complications, l'administration d'antiviraux possiblement actifs sur le virus rabique in vivo (ribavirine puis amantadine) et l'induction d'un coma profond. Cette méthode a permis l’amélioration de l’état neurologique de la jeune fille et son retour chez elle en dépit de la persistance de mouvement anormaux et de troubles de l’équilibre. On ignore si un protocole semblable est aujourd’hui appliqué à l’enfant.

Vigilance maximale dans l’école fréquentée par l’enfant

Outre la prise en charge du jeune malade, la vigilance des autorités concerne la surveillance de tout l’entourage du petit garçon, même si le risque de transmission interhumaine, jamais rapportée, est extrêmement faible. Le personnel hospitalier et sa famille proche ont déjà été vaccinés. La question se pose désormais de la vaccination des camarades d’école de l’enfant. Une évaluation est en cours par le centre antirabique de Lyon, tandis qu’une réunion d’information aura lieu aujourd’hui à l’école, où les parents d’élève ont déjà été prévenus par courrier.  Deux médecins et une infirmière sont en outre présents dans l’école depuis lundi pour répondre aux interrogations des familles. Une campagne de vaccination pourrait débuter dès demain. Quelques 250 doses sont aujourd’hui disponibles et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a déjà été saisie par la Direction générale de la Santé (DGS) d’une demande en vue de mettre à la disposition des autorités des doses supplémentaires. La DGS comme le ministère suivent en effet ce dossier avec une extrême vigilance et l’ensemble des médecins français a reçu des informations précises par le biais du réseau DGS-Urgent.

Une information essentielle à rappeler aux voyageurs

La survenue dramatique de ce cas de rage rappelle la nécessité d’une information répétée et claire sur les dangers liés au contact avec des animaux, même apparemment domestiqués, dans les pays étrangers, où la rage reste endémique. En France, aucun cas autochtone n’a été rapporté depuis 1924 et la vingtaine de cas répertoriés depuis 1970 concernaient tous des infections contractées à l’étranger. Dans le monde, 59 000 personnes meurent chaque année victimes de la rage.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (2)

  • Des mesures annoncées inutiles

    Le 11 octobre 2017

    Histoire dramatique et épouvantable pour cet enfant et sa famille.
    Mais est-on obligé de dire et de faire autant d'âneries (...) Toutes ces mesures annoncées sont inutiles et totalement stupides. Il n'y a rigoureusement aucun intérêt à vacciner les contacts sauf ce que je n'imagine pas, si cet enfant a mordu ses condisciples.
    Qui prend ces décisions ? À quoi sert la DGS avec des décisions aussi stupides et inutiles? Pourquoi affoler les populations avec ces décisions ?
    C'est vraiment n'importe quoi !

    Imaginons un seul effet secondaire grave secondaire à la vaccination et bonjour les dégâts.

    Dr Jean-Marc Rehby

  • Risque de contagion

    Le 16 octobre 2017

    Je suis parfaitement d'accord avec le Dr Rehby. Si cet enfant n'est pas un "mordeur" ou " cracheur".

    Dr ML

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