Variant écossais et mutation E484K, une nouvelle source d’inquiétude

Paris, le mercredi 24 février 2021 – La mutation E484K qui concerne la protéine Spike de SARS-CoV-2 a été identifiée depuis plusieurs semaines comme la plus préoccupante par de nombreux biologistes moléculaires spécialisés en virologie. « Cette mutation est la plus inquiétante de toutes » considère ainsi sans ambages Ravi Gupta, professeur de microbiologie à l'Université de Cambridge. « E484K peut aider le virus à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination » confirme encore François Balloux, de l'University College de Londres.

E484K, partout traquée, partout en progression ?

Aussi, même s’il est de tous les variants d’intérêts, celui qui semble faire la course en tête pour remplacer la souche historique, le variant 20I/501Y.V1 (britannique) n’est pas nécessairement celui qui effraie le plus et notamment parce qu’il est dépourvu de la mutation E484K. Ce n’est pas le cas des variants 20H/501Y.V2 (sud-africain) et 20H/501Y.V3 (brésilien) et désormais de B1.525. Ce variant spécifique est l’objet d’un rapport de l’université d’Edimbourg, ce qui lui vaut d’être associé à l’Écosse, même si comme toujours il est difficile (voire impossible) de déterminer le lieu exact de son émergence. Selon ces chercheurs, B1.525 a été identifié par séquençage chez 135 personnes dont 13 pays : en Grande-Bretagne (39 cas), aux Danemark (35), Nigéria (29), Etats-Unis (10), France (5 cas) et Australie (2 cas). Au-delà de ce recensement nécessairement parcellaire compte tenu des pratiques de séquençage très différentes d’un pays, voire d’une région à l’autre et tandis que toutes les données ne sont pas nécessairement facilement accessibles, la description de ce nouveau variant semble confirmer néanmoins la progression des souches virales dotées de cette mutation (même si l’on ne peut écarter un effet loupe).

Raison gardée

Pour certains cette tendance pourrait être une réponse à la pression de sélection (liée notamment aux campagnes intensives de vaccination). Quoi qu’il en soit des virologues estiment que cette diffusion de la mutation E484K doit inciter les fabricants de vaccin à en faire une cible privilégiée. C’est notamment l’opinion du professeur Jonathan Stoye, virologue et responsable de recherche au Francis Crick de l’Institut de Londres, cité par le Guardian. Les laboratoires AstraZeneca et Moderna ont d’ailleurs déjà lancé des travaux dans cette direction. Cependant, même si la diffusion de cette mutation soulève des interrogations cruciales sur l’efficacité de la vaccination, les autorités sanitaires invitent néanmoins à éviter toute conclusion catastrophiste hâtive. « Il n’y a actuellement aucune preuve que cet ensemble de mutations provoque une maladie plus grave ou une transmissibilité accrue » tempère ainsi Public Health England à propos de B1.525 et du rapport de l’Université d’Edimbourg.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • E484K

    Le 02 mars 2021

    Surtout pas d'inquiétude: « Il n’y a actuellement aucune preuve que cet ensemble de mutations provoque une maladie plus grave ou une transmissibilité accrue » tempère ainsi Public Health England à propos de B1.525 et du rapport de l’Université d’Edimbourg."
    Donc tout va bien... même s'il est probable que l'ensemble des vaccins actuels se montre inefficace.
    Ce n'est absolument pas plus grave, c'est juste un retour à la case départ.

    Dr Jean-Jacques Perret

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