Ventes de cigarettes : une baisse très significative

Paris, le jeudi 10 janvier 2019 – La lutte contre le tabac en France n’a pas suivi une ligne harmonieuse. Si des efforts marqués ont été entrepris depuis les années soixante-dix pour réduire la place de la cigarette dans la société et si avec l’adoption de la loi Evin, la France a fait figure de pionnière en matière de limitation de la publicité, l’élan s’est quelque peu essoufflé au début des années 2000. Cet affaiblissement des forces engagées contre le tabac a conduit à maintenir notre pays parmi les états d’Europe occidentale connaissant les plus hauts taux de fumeurs quotidiens. On constate cependant depuis quelques années et plus encore avec l’arrivée d’Agnès Buzyn, l’émergence d’une dynamique positive, dont les résultats s’observent sans conteste.

Même les buralistes sont convaincus que les Français fument moins

Ainsi, les ventes de cigarette ont connu en 2018 un recul très significatif de 9,32 % (40,23 milliards de cigarettes ont été livrées aux buralistes dans l’Hexagone, contre 44,36 milliards en 2017). Cette tendance est nettement supérieure à celle des années précédentes qui avaient connu des baisses de 1,48 % en 2017 et 1,2 % en 2016. Elle s’accompagne par ailleurs d’une diminution comparable pour le tabac à rouler, qui a vu ses ventes chuter de 9,4 % (après une baisse de 5,66 % en 2017). Fait marquant, alors que les buralistes tendaient régulièrement à dissocier volume de vente et tabagisme, voulant ainsi mettre en garde contre le trompe l’œil que pourrait constituer une hausse parallèle des achats transfrontaliers, leurs représentants concèdent aujourd’hui : « Il y a certainement une limitation de la consommation des Français ».

Une prévalence du tabagisme également en baisse

De fait les résultats parallèles des derniers baromètres de Santé publique France confirment un recul du tabagisme en France. On comptait ainsi en 2017 un million de fumeurs quotidiens en moins selon les données de l’agence sanitaire : la prévalence du tabagisme quotidien est passée de 29,4 % à 26,9 % en 2017. La tendance est la plus forte chez les jeunes hommes de 18 à 24 ans pour lesquels la baisse a atteint neuf points (la même évolution n'est pas constatée chez les jeunes femmes).

Cette tendance très encourageante est probablement le fruit de différents engagements. D’abord, la reprise d’une politique de hausse significative des prix a probablement joué un rôle majeur : le prix des paquets de cigarette a augmenté de un euro en mars 2018 et de nouvelles hausses sont attendues en 2019 avec pour objectif un paquet à 10 euros fin 2020. L’évolution des modalités de prise en charge des produits de sevrage tabagique, dont un nombre croissant relève désormais du même système de remboursement que les médicaments pris en charge à 65 %, a également contribué aux améliorations constatées et devrait favoriser le maintien de cette tendance. L’initiative « Moi(s) sans tabac » a par ailleurs offert une nouvelle image du sevrage. Enfin, l’impact de la mise en place du paquet de cigarette neutre, dont l’efficacité est parfois discutée, n’a probablement pas été totalement nul, notamment chez les jeunes. Le baromètre de SPF signalait à cet égard que le recul concerne également l’entrée dans le tabagisme, avec une proportion de personnes n’ayant jamais fumé passant de 34,3 % à 37,1 % entre 2016 et 2017. Pour le professeur Bertrand Dautzenberg, tabacologue, la dynamique récente a « ringardisé » le tabac auprès des jeunes !

Enfin une bonne nouvelle.

Aurélie Haroche

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