Zona et fièvre jaune : les principales nouveautés du calendrier vaccinal 2016

Paris, le jeudi 31 mars 2016 – Le ministère de la Santé a présenté hier le calendrier vaccinal pour l’année 2016 dont les nouveautés marquantes concernent les vaccinations contre le zona et la fièvre jaune.

Contre le zona, une recommandation est introduite qui vise les adultes de 65 à 74 ans (révolus). Par ailleurs, pendant un an, une vaccination de rattrapage pourra être proposée aux personnes âgées de 75 à 79 ans. Reposant sur l’injection d’une dose unique, le vaccin contre le zona (Zostavax) est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées. Disponible en France depuis le mois de juin 2015, il est pris en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 30 % pour les personnes chez lesquelles il est recommandé. Son prix est de 127,24 euros.

Fièvre jaune : la France rejoint les préconisations de l’OMS

Autre nouveauté, récemment évoquée dans les colonnes du JIM : le schéma vaccinal contre la fièvre jaune est simplifié. Désormais, le rappel n’est plus considéré nécessaire pour les résidents du département de la Guyane et les personnes souhaitant s’y rendre âgés de plus de deux ans. On retiendra cependant quelques exceptions : les enfants vaccinés pour la première fois entre neuf mois et deux ans devront recevoir une seconde dose à partir de l’âge de six ans. Chez les femmes vaccinées pendant leur grossesse, les séropositifs pour le VIH et les personnes immunodéprimées, un rappel est toujours recommandé au bout de dix ans. Enfin, pour les sujets dont la vaccination remontent à plus de dix ans, une nouvelle dose est préconisée en cas de circulation active du virus. Ces nouvelles recommandations s’inscrivent dans la lignée de celles de l’OMS reposant sur des expertises confirmant l’efficacité du vaccin au long cours. Cependant, quelques spécialistes des maladies tropicales redoutent que cet abandon du rappel ne privent certains candidats au voyage dans des contrées à risque d’une consultation préalable à leur séjour, souvent salutaire pour revenir sur les différents risques existants.

Thanatopracteurs : la vaccination hépatite B obligatoire

Le calendrier vaccinal 2016 entérine également quelques modifications concernant la vaccination contre l’hépatite B. Ainsi, il est rappelé que l’article L. 3111-4-1 du code de la santé publique impose désormais une vaccination obligatoire des thanatopracteurs. Par ailleurs, la liste des étudiants aspirant à des professions médicales, chez lesquels la vaccination est obligatoire, s’est élargie et inclus désormais la formation d’assistant dentaire. On se souvient par ailleurs que l’année 2015 a été marquée par l’abandon de la recommandation de vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus en population générale, en raison de l’évolution défavorable de certains cas d’invaginations intestinales aigues (IAA).

Débat ouvert

La publication de ce calendrier vaccinal intervient dans un contexte où les controverses et polémiques autour de la vaccination sont toujours vives. Les situations de pénurie des vaccins quadrivalent ou pentavalent destinés aux jeunes enfants ne sont en effet pas toutes résorbées, contribuant à maintenir un sentiment de défiance ; beaucoup jugeant que ces difficultés sont organisées par les laboratoires, afin de "contraindre" les parents à s’orienter vers une vaccination hexavalente. Ce calendrier vaccinal pourrait par ailleurs être le dernier à se référer à la notion de vaccinations "obligatoires" (tout au moins en ce qui concerne la population générale).

Une vaste réflexion a en effet été lancée au début de l’année sur ce thème, qui doit permettre d’en finir avec la confusion qu’entraînerait la concomitance de vaccinations "obligatoires" et "recommandées". Il s’agit cependant d’une transition délicate : il ne faudrait pas, ont averti de nombreux experts, que la fin des vaccinations obligatoires soit vécue comme le signe d’une confirmation de la dangerosité (ou de l’inutilité) des vaccins et qu’en tout état de cause elle entraîne une chute des couvertures. Ces dernières en effet, en ce qui concerne les immunisations recommandées, sont pour certaines pathologies encore insatisfaisantes. C’est notamment le cas de la protection des adolescents contre l’hépatite B.

Aurélie Haroche

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