La prescription pharmaceutique réveille la querelle des anciens et des modernes

Paris, le vendredi 8 mars 2019 – La querelle des anciens et des modernes en médecine a connu un nouvel épisode sur les ondes de RTL à l’occasion d’un débat sur le projet visant à permettre aux pharmaciens de délivrer sans ordonnance d’un médecin certains médicaments soumis à prescription médicale, face à des « pathologies simples », en particulier les angines et les cystites.

Le débat, animé par Yves Calvi, opposait le Dr Jean-Paul Hamon (72 ans), président de la Fédération des médecins de France (FMF), vent debout contre une telle idée et le Dr Thomas Mesnier (33 ans), rapporteur du projet de loi de santé et favorable à cette évolution. 

Après l’exposé du député, entrecoupé de soupirs d’exaspération de Jean-Paul Hamon, ce dernier a souligné qu’une angine ou une cystite est « simple » dans la mesure où elles ont été diagnostiquées par un médecin. « Quand j’ai une angine dans mon cabinet, je ne regarde pas seulement la gorge, j’écoute le cœur, je vérifie s’il n’y a pas d’éruptions, qu’il n’y a pas de raideur méningée (…) vous êtes en train de dégrader les conditions de prise en charge des Français » a tranché le patron de la FMF.

Vieux schnock

Plutôt que de répondre sur le fond, Thomas Mesnier lui a rétorqué que sa réaction était corporatiste et que les jeunes médecins étaient, eux, « favorables à cette démarche » et plus généralement aux évolutions du métier (fin de l’exercice isolé notamment), ce qu’a trivialement résumé Yves Calvi : « Thomas Mesnier vient de vous traiter, avec beaucoup de politesse, de vieux schnock ».

Le sang de Jean-Paul Hamon n’a alors fait qu’un tour et il a informé Thomas Mesnier qu’il travaillait en exercice  regroupé « depuis 45 ans » !

Yves Calvi, achevant la discussion a rappelé qu’Agnès Buzyn demandait encore « un peu de travail » au député Thomas Mesnier sur ce projet, ce qui n’aura pas manqué de faire sourire, enfin, Jean-Paul Hamon.

F.H.

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Vos réactions (8)

  • La fin programmée d'une partie des missions du généraliste

    Le 08 mars 2019

    Voilà bien un exemple de la modernité qui n'est qu'une ubérisation de la médecine. Que les pharmaciens prennent en charge les angines alors que on a fait la promotion des streptotests, qu'on cherche à réduire les prescriptions antibiotiques inutiles et qu'on a réduit massivement les endocardites montre à quel point nos dirigeants ont une méconnaissance du métier et des règles minimales de sécurité de prise en charge de pathologies au demeurant bégnines mais dont les diagnostics différentiels sont à ne pas manquer et pouvant également bien que rarement se compliquer gravement (abcès rétropharyngiens, phlegmons, médiastinite). Espérons que nos collègues pharmaciens à qui on demande de plus en plus de sortir de leurs missions déclineront une offre dans laquelle ils ont tout à perdre en cas de problème.


    Dr Pierre-André Coulon

  • Perte non compensée (d’accord avec le Dr Coulon)

    Le 10 mars 2019

    J’ajoute que la perte d’actes relativement simples et courts ne sera pas compensée par la revalorisation de nos honoraires, il nous restera principalement des actes longs et complexes, toujours pour 25 €, assaisonnés de quelques primes au bon vouloir de la sécu...

  • Les positions du Dr Mesnier...

    Le 11 mars 2019

    ...constituent un délit d'incitation à l'exercice illégal de la médecine.

    Faut t-il rappeler le droit à ceux qui devraient être les premiers à l'appliquer ?

    Il serait également intéressant de savoir si les assurances (RCP) des pharmaciens suivraient ?
    Je remarque, évidemment, la quasi mutité de notre "Ordre"(!) qui, comme d'habitude, moutonne avec le pouvoir.

    Dr YD

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