Déremboursement des anti-Alzheimer : une décision dangereuse ? (vidéo)

Interview du Pr Serge Bakchine, chef du service de neurologie du CHU de Reims, directeur du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche de Champagne-Ardenne

Deux ans après un rapport de la HAS (Haute Autorité de Santé) qui pointait le rapport bénéfice-risque défavorable des traitements ayant une AMM (autorisation de mise sur le marché) dans la maladie d’Alzheimer (et la non décision de Marisol Touraine), Agnès Buzyn a tranché, ces molécules seront déremboursées le 1er aout prochain.

Si certains se sont félicités de cette annonce, en particulier le CMG (Collége de Médecine Générale) et le syndicat MG France, d’autres ont dénoncé une décision dangereuse.

Parmi ces derniers, le Pr Serge Bakchine du CHU de Reims qui après une tribune au Figaro co-signée par l’ensemble des directeurs de CMRR (Centres Mémoire de Ressources et de Recherche) et des associations de patients, a développé son point de vue pour les lecteurs du JIM.

 

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Vos réactions (1)

  • Benzodiazépines et Alzheimer

    Le 08 juillet 2018

    En tant que microbiologiste je peux faire état de mon expérience croisée avec d'autres professionnels de la même spécialité.
    Les analyses de morbidités en hôpital démontrent un fort taux de convergence entre la prise régulière de benzodiazépines et la survenue de la maladie d'Alzheimer. Ce constat a été d'ailleurs confirmé par une récente étude française:
    https://www.bmj.com/content/bmj/349/bmj.g5205.full.pdf

    Combien de fois faudra t il répéter aux généralistes que les médicaments psychotropes ne doivent jamais être délivrés à fortes doses sur des périodes de plusieurs mois ? Malheureusement, et surtout chez les vieilles personnes, cette tendance est toujours répandue.

    Bien plus pesante que toutes les affaires de médicaments en cours, la prise excessive des tranquillisants de tous poils est en forte augmentation en Europe et aux EU:
    https://ajph.aphapublications.org/doi/pdf/10.2105/AJPH.2016.303061

    Mais ce véritable fléau sanitaire n'émeut personne. Cette non prise de conscience est due aux méthodes de la pharmacovigilance qui ne sont pas en mesure, la plupart du temps, de déterminer la principale cause originelle d'un décès ...

    Pour le sujet qui nous occupe et qui ne concerne pas les neuroleptiques, je suis assez bien placé également pour constater que les vieilles personnes démentes sont presque toujours "bourrées" de médicaments dont les effets multiples sont tout simplement incontrôlables !

    A cela on rajoute une quasi impossibilité pour les personnes traitées à domicile de contrôler le bon dosage et la régularité des prises. Les ordonnances en DCI n'ayant rien simplifiées en matière de lecture pour des personnes souvent en déficit visuel.

    Que dire de plus ? Sinon l'attitude profondément marketing et déloyale des "short liner" pour inonder le marché européen des médocs avec la plus grande marge financière possible !

    Dr GB

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