L’énigme de l’effet placebo (Vidéo)

Interview du Dr Patrick Lemoine, psychiatre et docteur en neurosciences (Lyon), auteur de Le mystère du placebo et de Le mystère du nocebo (éditions Odile Jacob)

Malgré de nombreuses publications ces cinquante dernières années pour expliquer l’effet placebo, il demeure, en partie, une énigme.

Pour tenter de la résoudre, le JIM s’est adressé au Dr Patrick Lemoine, psychiatre et docteur en neurosciences, passionné par cette question à laquelle il a consacré deux livres publiés aux éditions Odile Jacob, Le mystère du placebo et Le mystère du nocebo.

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Vos réactions (1)

  • Les placebos dans le cancer prostatique est-ce éthique ?

    Le 20 juillet 2018

    Les placebos dans le cancer prostatique. Ethique ?
    Excellente mise au point par le Dr LEMOINE du traité plus ancien de KISSEL et BARRUCAND (Placebos et effet placebo en médecine, 1965). Ce livre est devenu indisponible. Un exemple.
    Dans le domaine des cancers de la prostate métastasés, ils l'étaient presque tous dans ces années-là, avant la découverte du PSA (qui date de 1987 un examen qui découvre les cancers quiescents), les traitements à base d’œstrogènes ont été comparés à des placebos dans l'énorme clientèle de 14 urologues américains s'occupant des institutions soignant les VETERANS c'est-à-dire les ANCIENS COMBATTANTS (de la seconde guerre mondiale, de la guerre de Corée, de la guerre du Vietnam).
    Cinq articles sont parus entre 1968 et 1973. Ils concluaient à une morbidité cardio-vasculaire légèrement supérieure dans le groupe prenant du Distilbène ou DES. Etonné, j'ai relu les cinq articles de ce groupe de 14. C'est plein de curiosités. Mais parlons seulement des placebos dans le cancer prostatique métastasé. C'est contraire à l'éthique. Voyons un résumé des articles des VETERANS, si souvent cités.
    Imaginez que JOHN et JACK, se voyant régulièrement en salles d'attente ou dans des clubs d'anciens militaires, discutent des résultats des traitements de leur cancer. L'un recevant sans le savoir du DES, l'autre recevant un placebo en ignorant cette prescription immorale.
    JOHN dit à JACK : "Moi tu sais je n'ai plus aucune douleur osseuse. Par contre, j'ai des gros seins." A cette époque, on ne pratiquait pas encore l’exérèse des glandes mammaires avant même de prescrire des œstrogènes. Ce geste est efficace à 100 %, on s'en douterait.
    JACK dit à JOHN: moi tu sais, j'ai des douleurs de 'rhumatismes' atroces, mais pas de poitrine.
    Tous deux conviennent d'échanger leurs capsules sans le dire à leurs urologues. Trois ou six mois plus tard, nouvelle rencontre. JOHN a toujours sa gynécomastie. Mais pas encore de douleurs osseuses. Elles réapparaîtront 3 à 5 ans plus tard.
    JACK n'a plus de douleurs osseuses, mais il est apparu, chez lui, une gynécomastie irréversible.
    Ce qui est étonnant c'est que les 5 articles ne comprennent pas les mêmes quantités de patients. Les suivis sont curieux. Enfin ce n’est pas le sujet.
    Ce qui étonne en plus c'est que la survie dans les deux groupes est identique et importante : 10 ans, alors que les œstrogènes sont accusés de mortalités importantes.
    Pourquoi les cohortes changent donc ? Ce qui est arrivé, c'est qu'une partie des 14 urologues ont fini par accepter d'arrêter les placebos, soit par eux-mêmes, soit par pitié pour leurs patients ou à leur demande parfaitement justifiée.
    Et que l'autre partie des urologues ignorant les échanges chez leurs patients a refusé de changer le plan de 10 ans. Ils se sont séparés en 1973, fâchés, on l'a su dans les couloirs des congrès internationaux.
    Cette pratique était à la fois contraire à la morale, mais même à la science médicale. BYAR, en 1973, prétend continuer la comparaison. Les 14 urologues ne publieront plus rien ensemble par la suite.
    Les publications des VETERANS furent, pourtant à l'origine de l'abandon des œstrogènes quand les analogues ont été commercialisés. C'était tout à fait immérité d’autant que la castration avait été abandonnée par son inventeur C. HUGGINS dès 1945.
    La principale leçon à tirer de ces cinq publications est que les œstrogènes pris en intermittence sont devenus, pour certains urologues, la bonne règle. Passer d'une série à l'autre c'est faire un traitement intermittent et obtenir des survies de 20-25 ans.
    Docteur JEAN DOREMIEUX, urologue en semi-retraite

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