35 cas de tétanos en France depuis 2012 dont 8 décès

Santé publique France publie une étude sur le nombre de cas de tétanos en France depuis 2012. Si la maladie est devenue extrêmement rare, la publication regrette néanmoins une couverture vaccinale insuffisante.

Si le tétanos reste une maladie endémique dans certains pays en voie de développement, il a été pratiquement éradiqué dans les pays industrialisés et notamment en France. Grâce à la vaccination antitétanique, obligatoire depuis 1940, on est en effet passé dans notre pays d’environ 500 cas par an dans les années 1960 à 3 à 15 cas par an de nos jours. Une étude de Santé Publique France publiée ce mardi révèle ainsi que seuls 35 cas de tétanos ont été déclarés entre 2012 et 2017. Cependant, bien que le tétanos soit une maladie à déclaration obligatoire, l’étude estime, en recoupant avec les données du Centre épidémiologique sur les causes médicales de décès, que seule la moitié des cas de tétanos ont fait l’objet d’une telle déclaration.

Personnes âgées mais aussi jeunes enfants

Sur les 35 patients pris en compte par l’étude, 8 sont décédés, 12 ont conservé des séquelles et 15 ont guéri sans séquelles. Les malades sont principalement des personnes âgées, 25 d’entre eux avaient 70 ans et plus, mais on compte tout de même 3 cas déclarés chez des enfants de 8 ans et moins, nés en France métropolitaine. Surtout, l’étude du statut vaccinal des patients pour lesquels il était renseigné (quinze sur 35) signale qu’il s’agit de personnes mal ou non-vaccinées.

L’étude conclut qu’une déclaration obligatoire des cas plus rigoureuse et une couverture vaccinale plus efficace pourrait permettre d’éradiquer totalement la maladie en France. Il est notamment souligné que la politique de rappel doit être mieux conduite. Car si la couverture vaccinale est excellente chez les enfants (97% de vaccination à 24 mois), elle se dégrade fortement avec l’âge. Une étude de 2011 avait notamment révélé que 44% seulement des personnes de plus de 65 ans étaient à jour de leur vaccination antitétanique. Le suivi des vaccinations est par ailleurs trop aléatoire. Pour répondre à ces lacunes : Santé Publique France prône l’adoption d’un carnet de vaccination électronique et la mise en place d’une politique de rappel à l’occasion de toute consultation chez son médecin traitant.

Quentin Haroche

Référence
Antona D, Maine C, Lévy-Bruhl D. Le tétanos en France entre 2012 et 2017. Bull Epidémiol Hebd. 2018;(42): 828-33. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/42/2018_42_1.html

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Vos réactions (3)

  • Des réticences dans ma propre famille

    Le 11 décembre 2018

    Il est évident que les anti-vaccins y sont pour beaucoup, je constate les réticences dans ma propre famille (je suis pratiquement passé pour un mauvais père car j'ai fait faire tous les vaccins, y compris l’hépatite, à ma fille il y a trente ans).

    Dr Marc Lemire

  • On ne peut pas éradiquer le tétanos

    Le 13 décembre 2018

    Vous utilisez un terme impropre dans votre texte, qui est "éradiquer". Le réservoir du tétanos étant dans l'environnement (sol et déjections animales), on ne peut éradiquer le tétanos. Par contre, la vaccination est indispensable pour s'en prémunir, d'autant que la vaccination des autres ne protège pas soi. Dans l'article du BEH, il est utilisé une seule fois le terme "éliminer", ce qui me semble abusif aussi. On peut empêcher des morts et des malades évitables par la vaccination, mais contrairement au cas de la variole, c'est à recommencer indéfiniment.

    Dr Marie-Ange Grondin

  • Tétanos et vaccin

    Le 16 décembre 2018

    Sait on parmi les morts, combien avaient eu au moins une injection de vaccin (vérifiée)? L'immunité liée au vaccin est de très bonne qualité contrairement à ce qui se passe pour beaucoup d autres vaccins.

    Dr J-M Bignon

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