A Londres, la pollution a un impact sur le poids de naissance

Pour la première fois, une étude examine l’impact de la pollution sonore sur le poids de naissance. Publiée récemment par le British Medical Journal, il s’agit aussi de la plus vaste étude menée au Royaume Uni concernant le lien entre la pollution atmosphérique et le poids de naissance. L’étude, menée à Londres et aux alentours, de 2006 à 2010, inclut plus de 540 mille naissances.

Le niveau moyen d’exposition des femmes aux polluants pendant leur grossesse était 41 μg/m3 de dioxide d’azote, 73 μg/m3 d’oxyde d’azote, 14 μg/m3 de particules de moins de 2,5 μm de diamètre (PM2,5), 23 μg/m3 de particules de moins de 10 μm de diamètre (PM10) et 32 μg/m3 d’ozone. Quant au niveau sonore moyen, il était de 58 dB pendant la journée et 53 dB pendant la nuit.

Il apparaît que l’exposition prolongée à ces polluants pendant la grossesse, qu’il s’agisse des particules d‘échappement ou non (usures des freins et des pneus, remise en suspension de la poussière des routes induite par la circulation, etc.), est associée à une augmentation du risque de faible poids de naissance chez les enfants londoniens nés à terme. Chaque écart interquartile est associé à une augmentation de 2 % à 6 % du risque de faible poids de naissance et à une augmentation de 1 à 3 % du risque de nouveau-né petit pour l’âge gestationnel.

Trop de bruit aussi

Quant à l’impact du bruit sur le poids de naissance, il est difficile à mettre en évidence. En effet, l’intensité de la pollution sonore est en étroite corrélation avec celle du trafic routier et de la pollution atmosphérique et, si une tendance à la réduction du poids de naissance est bien observée en cas d’exposition élevée aux bruits de la circulation, le lien est fortement atténué après ajustement sur la concentration en particules polluantes. Rien ne permet toutefois d’exclure que, dans certaines zones, l’exposition à une pollution sonore plus importante ait un impact significatif sur le poids de naissance.

Le « Grand Londres » compte 19 % du total annuel des naissances en Angleterre et au Pays de Galles. Selon les auteurs, 3 % des faibles poids de naissance survenant chez les enfants nés à terme à Londres et dans les environs, sont directement attribuables à l’exposition de la mère à une concentration en particules PM2,5 > 13,8 μg/m3 pendant la grossesse. Impact qui selon eux ne peut qu’augmenter, à moins que la qualité de l’air londonien ne s’améliore.

Dr Roseline Péluchon

Références
Smith R B et coll. : Impact of London's road traffic air and noise pollution on birthweight: retrospective population based cohor tstudy.
BMJ 2017; 359: j5299

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Vos réactions (1)

  • Un sujet d'étude

    Le 15 décembre 2017

    Etant sage-femme liberale, je suis des mamans dans le cadre du PRADO, il y a beaucoup de bébés qui pèsent moins de 3 kg à terme, sans notion d'HTA ni aucune autre cause apparente. Je n'ai pas d'autre explication que la pollution et les perturbateurs endocriniens. Il faudrait faire une étude, ce serait intéressant !

    Lysiane Faure

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