Assistants médicaux et CPTS : la CSMF et le SML signeront

Paris, le lundi 17 juin 2019 – A l’issue des négociations conventionnelles ayant porté sur les assistants médicaux et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) entre l’Assurance maladie et les organisations représentatives des professionnels de santé au début du mois de mai,  les syndicats de médecins libéraux affichaient une certaine circonspection. Si de nombreuses avancées avaient été obtenues (tel l’entérinement du principe d’un assistant médical pour un seul médecin dans les zones sous dense ou le fait que l’obligation de regroupement puisse concerner des regroupements "fonctionnels"), les syndicats conservaient certaines critiques. Elles portaient notamment sur la complexité du dispositif, sur la relative faiblesse des moyens alloués (concernant notamment les CPTS) ou encore l’obligation d’adhérer à une CPTS pour pouvoir être éligible aux aides à l’embauche d’un assistant médical. Cependant, la concession faite à la fin du mois de mai par l’Assurance maladie de suspendre l’obligation d’adhésion à une CPTS a semble-t-il contribuer à détendre l'athmosphère.

Dès septembre

Ainsi, début juin, MG France a été le premier à annoncer sa signature des avenants, tout en déplorant une nouvelle fois des moyens insuffisants concernant les CPTS et une approche trop administrative vis-à-vis des assistants médicaux. Ce week-end, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) lui a emboîté le pas, comme l’a annoncé son président, le docteur Jean-Paul Ortiz à France Info. Par 76 % de voix favorables, le syndicat majoritaire, dont seul le regret de ne pas voir les praticiens de secteur II inclus dans le dispositif n’a pas reçu d’écho de la part de l’Assurance maladie, assure la mise en œuvre de l’accord sur les assistants médicaux. S’il a rappelé que la nécessité de ce système est liée à l’inconséquence des pouvoirs publics qui n’ont pas su anticiper les évolutions de la démographie médicale, Jean-Paul Ortiz s’est montré plutôt positif vis-à-vis du dispositif. Il s’est ainsi montré empressé : « Très concrètement, à partir de la rentrée de septembre, il pourra y avoir déjà des assistants médicaux dans les cabinets français. On a imaginé un système qui va permettre de compléter la formation de base de certains professionnels, de façon à ce qu’ils aient une qualification d’assistants médicaux » a-t-il ainsi détaillé.

Déconnectés du terrain

Avec celle de MG France, cette signature permet à l’accord sur les assistants médicaux de voir le jour. Jean-Paul Mary, patron de l’Union française pour une médecine libre (UFML)a fustigé un choix qui va à l’encontre du ressenti des médecins libéraux. De fait, plusieurs enquêtes ont mis en évidence la réticence des praticiens vis-à-vis de ces nouvelles organisations. Un sondage réalisé par l’IFOP pour la Mutuelle du médecin a ainsi révélé récemment que seuls 35 % des médecins s’estimaient « intéressés » par la mise en place d’aides financières pour l’embauche d’un assistant médical. Fustigeant une politique syndicale déconnectée des attentes du terrain, l’UFML note encore que « le vote de la FMF et du SML n’ont dès lors plus de valeur réelle et leur éventuelle opposition aux CPTS et aux assistants sera toujours suspecte d’une opposition de circonstance ».

Le SML et la « signature critique »

Pour le Syndicat des médecins libéraux (SML), il n’y aura pas même d’ « opposition de circonstance » puisque par 94 % de voix favorables, l’organisation a hier donné son feu vert au lancement des assistants médicaux. Concernant, les CPTS, le niveau d’adhésion a été de 74 %. Face à de tels résultats, le communiqué du patron du SML Philippe Vermesch qui évoque une signature « critique » a sans surprise suscité quelques commentaires acerbes et moqueurs sur les réseaux sociaux. Le patron du SML n’hésite cependant pas à rappeler la nécessité de simplifier les deux dispositifs, évoquant par exemple concernant les CPTS une grande « complexité bureaucratique ».

En bonne voie aussi pour les CPTS

Si les syndicats extérieurs au dialogue conventionnel se montrent (facilement) bien plus stricts dans leur opposition (le Syndicat national des jeunes médecins généralistes a ainsi affiché son rejet des nouvelles organisations), la Fédération des médecins de France (FMF) de son côté cultive le suspens même si dans une interview la semaine dernière au Quotidien du médecin, son patron, Jean-Paul Hamon se montrait pessimiste quant à une possible adhésion de ses membres. Concernant les CPTS, les accords des autres professions sont également nécessaires mais beaucoup sont déjà acquis : des syndicats d'infirmiers (FNI), de pharmaciens (USPO, FSPF) ou encore de masseurs-kinésithérapeutes (FFMKR) ont déjà acté leur adhésion.

L’accord sur les assistants médicaux a retenu le principe d’aides allouées pour l’embauche d’un assistant médical pour un médecin dans les zones sous-denses (soit 18 % du territoire) et d’un assistant pour deux médecins sur le reste du territoire. Dans les "déserts", la subvention financière de la CNAM sera complète la première année (36 000€) puis dégressive (27 000€ la deuxième année, 21 000 € les années suivantes). Hors de ces zones, le soutien financier s’échelonnera de 7 000 à 18 000€ en fonction de différents critères. En contrepartie, les praticiens devront satisfaire des objectifs d’augmentation de patientèle, qui varieront en fonction de leur file active de patients. Les CPTS permettront pour leur part l’obtention d’aides pouvant aller de 185 000 à 380 000 euros à partager entre l’ensemble des professionnels prenant part à la CPTS.

La signature officielle de l’avenant sur les assistants médicaux est programmée mercredi.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Marty a raison...

    Le 19 juin 2019

    Syndicats completement deconnectés du terrain. Encore une fois des coups d'épées dans l'eau. inutiles.
    Ce ne sont pas les assistants de quoique ce soit qui permettont de rattraper l'incompentence des gens comme ceux qui ont inventé le MICA en 97 pour faire faire des economies à la secu en envoyant les medecins à la retraite à 58 ans !
    Encore une fois le C à 50 euro et il y aura des ...economies ! Cela incitera pas mal de jeunes médecins à bien se former en médecine générale et à rester le couteau suisse, autonome, de nos villes et campagnes. Ce n'est pas de l'argent qu'il faut aux sevices d'accueil (les "urgences") mais moins de travail, pour ne se consacrer qu'à des problèmes necessitant une prise en charge plus complexe que celle possible en "ville".

    Plus de medecins motivés sur le terrain = moins qui se trainent vers les hopitaux pour des pathologies souvent mal gérées d'ailleurs, par les accueils (car ce n'est pas leur boulot).
    Incroyable que tous ces bons penseurs ne voyent pas cette evidence.

    J'avais calculé un jour que 2 patients vu aux accueils coutaient 30 de mes quotidiens avec mon miserable C à 25 €, mais toute ma compétence
    diagnostique et therapeutique optimisées par une longue experience, evitant bien des recours inutiles aux spe, aux examens divers et variés ! 2/30 !

    Dr Patrick Cadot

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