Augmenter son poids de plus de 5 % fait mal aux genoux !

La fréquence des gonalgies est importante, augmente avec l’âge et environ 50 % des plus de 50 ans en souffrent, dont 25 % de façon chronique. C’est aussi une source de handicap importante dans 6 % des cas. Plusieurs facteurs de risque, pour certains corrigibles, ont été identifiés : obésité, douleur généralisée, tabagisme, antécédent traumatique. L’identification de l’obésité comme facteur de risque repose principalement sur des études démontrant l’association entre l’obésité et la gonarthrose ou les gonalgies. De plus, l’effet bénéfique de la perte de poids est maintenant bien démontré. Par contre, on ne connait pas l’effet de la prise de poids, pourtant fréquente, sur la survenue de gonalgies.

Les auteurs ont recruté 250 sujets par annonce dans la presse et dans les salles d’attente d’hôpitaux impliqués dans la prise en charge de l’obésité. Tous devaient être asymptomatiques à l’inclusion dans cette étude longitudinale de plus de 2 ans. Il s’agissait surtout de femmes (74 %), l’âge moyen était de 45,7 ± 9,3 ans, et l’Indice de Masse Corporelle (IMC) allait de 16,9 à 59,1 kg/m²). Les participants ont été suivis pendant 2 ans pour 78 d’entre eux, avec évaluation des douleurs, raideurs des genoux et de la fonction par le Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index (WOMAC). De plus, tous ont eu une IRM du genou pour permettre le diagnostic de gonarthrose.

A 2 ans, 30 % des sujets avaient perdu au moins 5 % de leur poids (-11,1 kg en moyenne ; de 3 à 49,1 kg), 56 % étaient stables, et 14 % avaient pris plus de 5 % de leur poids (+6,6 kg en moyenne ; de 2,2 à 28,1 kg).

La prise de poids s’est accompagnée d’un risque accru de gonalgies (27,1 mm ; intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] : 1,1-55,2), de raideur (18,4 mm ; IC95 % : 1,5-35,3) et d’altération fonctionnelle au WOMAC (99,3 mm ; IC95 % : 4-194,6) par rapport aux sujets dont le poids est restée stable. A l’inverse, la perte de poids a eu un effet positif sur la douleur (-22,4 ; IC95 % : -44,4, -0,3), sur la raideur (-15.3 ; IC95 % : -25,5, -2,0) et la fonction  (-73,2 ; IC95 % : -147,9, 1,3). Les auteurs évaluent que prendre 1 kg, augmente de 1,9 mm les gonalgies, et surtout, remarquent que l’effet du poids a un effet plus ample en cas de gonarthrose et chez les obèses.

Au total, même s’il y a beaucoup de perdus de vue, cette étude démontre pour la première fois que la prise de poids favorise la survenue de gonalgies. De plus, l’effet de la prise de poids apparaît plus important que celui de la perte de poids, celle-ci ayant une influence modeste. A défaut de perdre du poids, ne pas en prendre est donc déjà une bonne chose pour les genoux.

Dr Laurent Laloux

Référence
Tanamas SK et coll : Association of weight gain with incident knee pain, stiffness, and functional difficulties : a longitudinal study. Arthritis Care & Research. 2013; 65 : 34-43

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Vos réactions (1)

  • Poids et genoux

    Le 08 décembre 2021

    Quiconque a marché avec un sac à dos ou une ceinture plombée s'en était rendu compte. Mais que l'amaigrissement n'arrange rien est plus étonnant et doit peut-être dépendre de l'ancienneté des lésions ce que l'article (traduit automatiquement) ne précise pas.

    Dr Pierre Castaing

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