Automédication: quand la grève des médecins « profite » aux pharmaciens !

Paris, le jeudi 22 janvier 2015. Selon l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable*), le marché du Selfcare (automédication, compléments alimentaires et dispositifs médicaux) se redresse légèrement en 2014 (après une année 2013 en recul de -0,1 % en valeur) et gagne 2,1 % en valeur et 0,8 % en volume. Les principaux secteurs thérapeutiques du marché du Selfcare sont  "les voies respiratoires "  (622 M€), "l’antalgie " (480 M€), la "dermatologie" (420 M€), "les voies digestives" (361 M€), "les vitamines et minéraux" (259 M€) et la "circulation" (174 M€).

Cette progression du Selfcare en 2014 est due au développement des dispositifs médicaux (+ 5,9 % en valeur) et des compléments alimentaires (+ 6 % en valeur).

Le marché de l’automédication a, quant à lui, légèrement diminué de -0,4 % en valeur (après une baisses de -3 % en 2013). A noter que le marché du médicament sur prescription a diminué aussi (-0,1 % en 2014 et -3,5 % en 2013). 

Le contexte particulier de Noël 2014

Fait notable, en décembre 2014, le secteur de l’automédication a enregistré un rebond record avec des ventes à hauteur de 224 M€, chiffre d’affaires le plus important depuis 10 ans (+12,6 % par rapport à décembre 2013) ! Pour l’Afipa, cette hausse spectaculaire serait due principalement à la grève des médecins généralistes (contre le projet de loi de Santé de Marisol Touraine), la dernière semaine de décembre 2014. Les ventes ainsi ont progressé de 8,2 M€ durant cette semaine par rapport à la même période de l'année précédente.

Pour Pascal Brossard, Président de l’Afipa, des enseignements plus larges sont à tirer de cette situation : « le mouvement des médecins généralistes a engendré un transfert des consultations auprès du médecin généraliste vers le pharmacien pour le traitement des cas bénins. Au-delà de ce contexte particulier de grève, il apparaît évident que ce mode de prise en charge des pathologies courantes permettrait de désencombrer les cabinets médicaux et les services d’urgence, qui pourraient se concentrer sur leur cœur de métier à savoir les cas les plus graves et le suivi des maladies chroniques ».

Il ne faut cependant pas oublier que l’automédication n’est pas sans risque et que ces médicaments achetés sans prescription (dont certains sont onéreux) ne sont pas remboursés…

Isabelle Birden

Références
*13ème baromètre AFIPA 2014 des produits du Selfcare. Réalisé auprès du panel Xpr-SO® de Celtipharm, panel de 3 004 pharmacies représentatives du parc officinal français.
Résultats en France métropolitaine hors Corse. Les données excluent les ventes sur ordonnance. Indicateurs réalisés à partir des ventes en automédication sur le conseil du pharmacien.

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Vos réactions (1)

  • Peut être, mais...

    Le 22 janvier 2015

    ...qui a les compétences pour déclarer que tel ou tel cas est bénin ? Le patient, le pharmacien ? Ni l'un, ni l'autre ?
    Qui plus est et je peux me tromper mais les cabinets des généralistes sont surtout encombrés par la paperasse infernale qu'on leur a refourgué (ALD, dossier MDPH etc..) et les consultations à rallonge des sujets âgés polypathologiques et donc polymédicamentés nécessitant parfois le triple du temps d'une consultation d'un sujet plus jeune (en tout cas pour ce que j'en sais).
    Difficile de faire croire que les pharmaciens peuvent permettre de désengorger les urgences et autres cabinet puisque la plupart des gens qui ont mal a la tête ou un banal rhume vont d'ores et déjà directement a la pharmacie.
    P.M

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