Certificat de décès : bientôt une compétence infirmière ?

Paris, le mercredi 13 mars 2019 – Les difficultés rencontrées dans les régions les moins dotées en médecins pour faire établir des certificats de décès poussent députés et pouvoirs publics à la réflexion.

Ainsi, alors qu’il y a quelques jours le département de l’Héraut annonçait une expérimentation reposant sur le recours de médecins retraités, l’examen, en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale de la prochaine loi de santé a été l’occasion de nouvelles propositions pour résoudre ce problème.

Le docteur Julien Borowczyk député LREM de la Loire, soutenu par plusieurs collègues, a ainsi déposé un amendement qui expose que « la démographie médicale actuelle complique la rédaction des constats de décès (...). Or, l’enjeu éthique est important : les familles ne devraient pas attendre cet acte, qui détermine pourtant tout le processus d’inhumation et de deuil » et propose d’élargir cette compétence aux infirmières de pratique avancée (IPA) via un décret en Conseil d'État.

D’autres parlementaires, socialistes cette fois, ont quant à eux déposé un amendement visant à élargir cette mission à tous les infirmiers. Une mesure qui serait particulièrement utile, selon eux, dans les territoires d'Outre-mer.

Notons que cette idée avait déjà été évoquée en 2016 et 2017 quand les premières difficultés de cet ordre avaient été mises en évidence.

Xavier Bataille

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Vos réactions (4)

  • Une blague ?

    Le 14 mars 2019

    Nous sommes incapables de délivrer un doliprane sans l’aval du médecin...et on nous laisserait signer un certificat de décès ?! Au bout de 20 ans de service, c’était vraiment LA compétence qui me faisait rêver...

    Christelle B. IDEL à Metz

  • Oh, quel cadeau

    Le 15 mars 2019

    Nous sommes obligés de passer par le medecin pour avoir une ordonnance DSI ou le contre signer pour des soins de notre rôle propre et là on nous offre la lune !
    Quel bonheur d'aller croquer les orteils !

    Patrick Biancolli (IDE)

  • Idées du "Collège de Pataphysique"

    Le 15 mars 2019

    Il y a vraiment des moments où l'on pourrait penser que certaines idées sortent tout droit du "Collège de Pataphysique". La remarque ironique de Christelle semble rejoindre mon point de vue.
    Auxiliaires médicaux, nous ne pouvons ignorer nos limites et entre autres nos carences qui ne sont que le fossé qui sépare notre formation, même en" pratiques avancées", de celle des médecins.
    Ces derniers ont longuement cheminé en "nosologie" et "sémiologie", ont vraisemblablement eu au moins quelques heures de formation en "médecine légale" qui font qu'on n'appelle pas systématiquement un "Légiste" pour constater un décès mais simplement un "médecin "(parfois même assermenté).
    Aurait-on introduit une catégorie de "décès bénins" dont on pourrait confier le constat et la certification aux infirmiers(es) et, de "décès graves" qui nécessiteraient un médecin devenu disponible, le temps nécessaire lui ayant été rendu par les infirmiers(es) qui s'occuperaient des "décès bénins" C.Q.F.D.? .L'histoire ne dit pas qui aura décidé de la "bénignité" (banalité, si vous préférez) et de la "gravité", voire du caractère potentiellement "médico-légal" du décès. Hé oui! "C'est pas seulement à Paris que le crime fleurit/ Nous, au village aussi, l'on a de beaux assassinats." disait Brassens.
    Il est à remarquer que les mêmes "raccourcis saisissants" sont empruntés chaque fois qu'on cherche à contourner plutôt qu'à résoudre le problème de raréfaction des médecins et chaque fois on fait semblant de "supposer le problème résolu" en omettant (volontairement ou pas?) l'écueil essentiel: il manque quelques années de formation et l'étude appuyée de quelques matières fondamentales pour que nous puissions suppléer au médecin dans des situations de "diagnostic" (et là c'est le cas), comme pour les soi-disant "maladies bénignes en consultation "avancée". En fin d'école primaire, on apprenait en mathématiques ce qui s'appelait alors le "raisonnement par l'absurde" et dont la formule consacrée était: "supposons le problème résolu". Essaierait-on de nous en refaire une resucée à la sauce Alfred Jarry? Même Cyrano dirait:"C'est un peu court". Et ceci reste vrai, même pour celles et ceux d'entre nous qui ont poursuivi des formations universitaires spécialisées de Master 1 et 2 et même de doctorat tant qu'il ne s'agit pas du "Doctorat en Médecine".
    H.TILLY
    IDE, MKDE.

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