Ces équivalences de diplôme qui mettent en danger les patients

Paris, le lundi 15 janvier 2018 – Depuis plusieurs semaines, des syndicats* alertent sur les conditions de délivrance d’équivalence du diplôme d’état d’infirmier anesthésiste à des infirmiers étrangers. Ces derniers jours, un nouveau cas litigieux est venu relancer la polémique.

Ainsi, la DRJSCS (Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports et de la Cohésion Sociale) de Nouvelle Aquitaine a récemment délivré une équivalence IADE (Infirmier anesthésiste diplômé d’État) à une infirmière ressortissante portugaise…qui avait juste effectué un stage de trois semaines en France en plus de ses études non spécialisées au Portugal ! Alors que, normalement, pour devenir IADE en France il faut justifier de deux années d’exercice en tant qu’IDE (Infirmier diplômé d’État) et suivre deux ans d’une formation dont l’entrée est sanctionnée par un concours.

Cette décision ne respecte donc pas la réglementation en vigueur et pose, notamment « un problème au niveau de la sécurité des patients », expliquent, à juste titre, dans une lettre adressée au directeur de la DRJSCS de Nouvelle Aquitaine, le SNIA et l'UFMICT-CGT.

Tout et n’importe quoi

Dans un communiqué diffusé le 11 janvier, le SNIA s'inquiétait, en outre, de la disparité des décisions de délivrance d’équivalence entre les régions…Certaines étant octroyées directement, sans stages supplémentaires ! « Nous constatons que, pour un même diplôme, sous-qualifié au regard des standards français, des avis contradictoires ont été rendus, allant du refus direct, en passant par des mesures compensatoires partielles et insuffisantes jusqu'à des autorisations directes d'exercice IADE sans mesures compensatoires ! » explique le SNIA.

Soulignons, que, si ces dérives ne sont pas dues à la récente entrée en vigueur de l’exercice partiel des professions de santé, qui vise plutôt à introduire des professions intermédiaires jusqu’ici inexistantes en France, elles y font écho et mettent encore une fois en lumière le douloureux problème des équivalences internationales, y compris au sein de l’Union européenne, des diplômes en santé.

*notamment SNIA : Syndicat national des infirmiers-anesthésistes et Union fédérale Médecins, ingénieurs, cadres, techniciens (CGT)

Frédéric Haroche

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Vos réactions (6)

  • Equivalences de diplômes très cavalières

    Le 15 janvier 2018

    C'est tellement gros que ça se passerait de commentaire si on ne constatait pas, une fois de plus, l'ignorance des textes et des règles, donc l'incompétence au sens littéral du mot, des gens qui font cette disparité étrange, d'une région à l'autre, comme on l'a vu également pour le contrôle et la validation des compatibilités linguistiques des candidats et candidates provenant de pays étrangers, pour venir exercer comme auxiliaires médicaux (Infirmiers-infirmières- Kinés).
    On en arrive ainsi à ce curieux paradoxe: Ou on est "à cheval", ou on est "cavalier"...

    H.Tilly

  • Mise en danger des patients

    Le 15 janvier 2018

    Cette situation est inacceptable et montre avec quelle légèreté les autorités pour faire face à la pénurie en personnel dûment qualifié n'hésitent pas à contourner la réglementation. Il existe au niveau Européen des grosses disparités dans la formation, le niveau d'autonomie et de pratique des infirmiers anesthésistes, quand cette formation existe.

    La Directive Européenne de reconnaissance des qualifications contient certains principes qui doivent être respectés.

    La profession d'IADE en France est une profession réglementée, car exige une formation spécifique et possède une exclusivité de pratique. Il n'est donc pas possible de déroger et d'accorder une quelconque dispense à une formation qui ne serait pas équivalente. Le Portugal en l'occurence ne permet pas de formation spécialisée en anesthésie et il n y a donc aucune equivalence possible. Il s'agit là d'une faute grossière d'évaluation et une décision sans aucune légitimité. Au moindre incident, la justice pourra d'ailleurs sans problème relever cette ineptie. Tout établissement employant en faisant fonction d'IADE une personne non qualifiée met en danger les patients. Cette autorisation donnée à la légère remet en question la commission qui a pris cette décision qui ne peut être valide.

    Pascal Rod, Directeur Exécutif de la Fédération Internationale des Infirmiers Anesthésistes

  • Question simple: par qui accepteriez vous d'être soigné?

    Le 16 janvier 2018

    J' y ai répondu, pour moi-même, avec un certaine expérience des voyages (où la consultation gratuite donnée par un médecin français est toujours hautement considérée...) de la façon suivante:

    -Par les professionnels de santé issu du monde occidental, (europe de l'Ouest et non de l'Est, Amérique du Nord), de l'afrique du Sud, du Japon, de la Corée du sud, d'Israël..

    Pour le reste...roulette russe avec 5 balles dans le barillet...

    Dr YD

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