Compléments alimentaire : les pharmacies toujours privilégiées, mais pour combien de temps ?

Paris, le mardi 24 mars 2015 – Parallèlement à un marché du médicament qui pour la troisième année consécutive est orienté à la baisse comme l’ont rappelé des chiffres présentés ce vendredi par le cabinet ims health, les compléments alimentaires continuent à connaître une importante progression. Ainsi, après une hausse de 3,5 % entre 2012 et 2013, le syndicat des compléments alimentaires, Synadiet, affiche une nouvelle augmentation de 6,14 % en 2014. Cette tendance est notamment liée à une progression des ventes de produits censés améliorer les troubles du sommeil et diminuer le stress (+ 31,3 % en pharmacie et 31,1 % en parapharmacie), suivis de ceux proposés pour faciliter l’amincissement.

Des distributeurs différents en fonction des solutions recherchées 

Les chiffres de Synadiet mettent en évidence le fait que les pharmacies demeurent toujours privilégiées par les consommateurs de compléments alimentaires : ainsi 51 % des ventes se font au sein des officines. Mais cette position tend à s’effriter : en effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (ANSES) estimait que 60 % des achats se faisaient en pharmacie il y a encore cinq ans. Les officines sont en effet aujourd’hui fortement concurrencées non seulement par les parapharmacies et certaines boutiques spécialisées, mais plus encore par internet, qui représente aujourd’hui plus de 20 % du chiffre d’affaires des compléments alimentaire. On retiendra par ailleurs que les consommateurs ne se tournent pas nécessairement vers les mêmes distributeurs en fonction des symptômes qu’ils souhaitent cibler. Ainsi, les chiffres de Synadiet suggèrent que les pharmacies demeurent toujours prioritairement plébiscitées quand sont recherchés des compléments alimentaires destinés à lutter contre les troubles du sommeil, alors qu’en parapharmacie, les produits ciblant l’amincissement représentent le premier secteur de vente.

Le rôle des pharmaciens

L’engouement toujours plus prononcé des Français pour les compléments alimentaires, parallèlement à une défiance vis-à-vis des traitements "classiques", doit appeler à un renforcement de la vigilance. Or, aujourd’hui, les professionnels de santé et notamment les pharmaciens ne semblent pas encore suffisamment sensibilisés à la nécessité de signaler d’éventuels effets secondaires de ces produits. En octobre dernier, l’ANSES avait ainsi publié les résultats des travaux de son système Nutrivigilance révélant que les professionnels de santé à titre individuel ne sont que rarement à l’origine des signalements directs : dans 4 % des cas ils émanent des hôpitaux, 3 % des pharmacies et 2 % des médecins de ville. Des résultats qui invitaient à une réflexion sur la sensibilisation des professionnels de santé et plus largement sur la réglementation des compléments alimentaires, tant en ce qui concerne la validation de leur composition et des allégations auxquelles ils sont associés que probablement également leur distribution.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Connaître la nutrivigilance

    Le 26 mars 2015

    Les professionnels de santé ou paramédicaux, qu'ils soient médecin, pharmacien, dentiste, préparateur, kiné, infirmier... savent-ils seulement qu'il existe en France un dispositif unique en Europe : la nutrivigilance ? La réponse malheureusement est négative, et lorsqu'ils le savent, ils ne connaissent pas les modalités de déclaration. De toute évidence, une communication plus poussée de l'ANSES sur ce sujet, avec lettre adressée directement à nos confrères, serait la bienvenue.

    Dr Pierre-Xavier Frank, Co-auteur de "Sportifs : Boostez vos performances au naturel"

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