Crise de l’hôpital public : le gouvernement n'endiguera pas la marée blanche

Paris, le mardi 12 novembre 2019 – Ce long week-end a été le théâtre de vraies-fausses annonces et de démentis concernant l’hôpital public qui loin d’avoir apaisé les tensions ont sans doute dû échauffer les esprits.

Premier acte, ce 10 novembre, alors que médecins et soignants hospitaliers organisent jeudi une manifestation nationale, le Journal Du Dimanche (JDD) annonce que le ministre de la Santé a remporté « un bras de fer engagé contre Bercy pour desserrer l'étau budgétaire » et que l'exécutif sera prêt à « ouvrir les vannes pour améliorer l'ordinaire des soignants et le fonctionnement des hôpitaux » à coup de primes (en particulier pour les débuts de carrière), d’investissements et de revalorisations. 

On parle d’un desserrement de l’ONDAM (objectif national des dépenses d'assurance-maladie), mais pas question de toucher au point d'indice de la fonction publique, ni de satisfaire la revendication du collectif Inter-Urgences qui demande 300 euros d'augmentation de salaire.

Aussitôt dit, aussitôt démenti !

Mesure phare de cet énième plan : une reprise (totale ou partielle) par l’État de la dette de 30 milliards d'euros des hôpitaux. Des annonces démenties dès le lendemain par le ministère de l’économie ! Peut-être non sans lien avec les réactions des intéressés.

Ainsi, au micro d'Europe 1, Renaud Péquignot, vice-président de l'intersyndicale Action Praticien Hôpital ne se montrait guère enthousiasmé par les propositions, vraies ou fausses, dévoilées dans le JDD. Il estimait ainsi qu’Agnès Buzyn « propose de corriger une partie des erreurs du passé, mais ne propose rien pour l’avenir (…) Une prime de début de carrière a déjà été faite. Elle ne sert à rien. Une fois que vous avez votre prime, vous faites votre engagement d'un ou deux ans, et puis vous pouvez partir dans le privé (…). On a besoin d’une vraie réévaluation des carrières. Pour compenser tout le mal qui a été fait à l’hôpital, il faut rouvrir des lits là où c’est nécessaire. Donc, embaucher des soignants et des médecins. Et, pour les faire venir, il faut revaloriser des salaires ». 

Parallèlement, dans une tribune également publiée dans le JDD, 13 médecins de l’AMUF donnaient le ton du mouvement du 14 novembre en interrogeant Agnès Buzyn : « laisserez-vous mourir l’hôpital public sans avoir tenté quelque chose ? » et en accusant les gouvernements successifs d’un « épuisement » « programmé (…) pour que s’effondre l’hôpital public ».

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Hôpital Public-marée blanche

    Le 18 novembre 2019

    Sommes-nous convaincus que les gouvernements successifs sont les seuls responsables de l'état des Hôpitaux Publics ? Avons nous encore l'esprit du Service Public ? L'absentéisme de tous est-il compatible avec cette démarche citoyenne ? Est-ce l'ONDAM ? La T2A ? Voici des années que les Trésoriers Payeurs Généraux ajoutent aux budgets annuels quelque soit leurs modes de calcul. Pourquoi ?

    Dr Lucien Duclaud

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