De plus en plus de médecins, de moins en moins de praticiens et des déserts toujours plus désertiques !

Paris, le mercredi 5 décembre 2018 - Le Conseil national de l’Ordre des médecins publie l’Atlas 2018 de la démographie médicale.

Ces travaux mettent en évidence que si le nombre de médecins inscrits au tableau de l’Ordre est en augmentation (296 755 au 1er janvier 2018, +2% par rapport à 2017), et si le nombre de médecins en activité régulière n’est qu’en légère baisse (-0,1%), ce recul s’inscrit dans une diminution continue qui a atteint 10 % depuis 2010 !

Cette tendance concerne en premier lieu les médecins généralistes. S’ils étaient 94 261 en activité régulière en 2010, ils ne sont plus que 87 801 en 2018, soit une baisse de 7,3% depuis 2010 (0,4% depuis 2017).

Les médecins ont par ailleurs de plus en plus les yeux de Chimène pour l’exercice salarié, ce qui coïncide avec une diminution du nombre de médecins en équivalent temps plein dans notre pays. C’est le mode d’exercice choisi par 47% des médecins en 2017, soit 5 points de plus qu’en 2010.

Les mesures incitatives ont prouvé leur inefficacité

Une fois de plus, cet Atlas de la démographie médicale signale donc l’insuffisance du renouvellement générationnel, alors que les étudiants admis en faculté après les premiers desserrements du numerus clausus commencent seulement à entrer dans la carrière.

En outre, les inégalités entre les départements en termes de densité médicale continuent de s’accentuer. Depuis 2010, les départements les plus mal lotis ont connu une dégradation plus rapide de leur densité médicale. On constate ainsi que la densité de généralistes a chuté de 9,8 % dans les localités les mieux pourvus quand elle chutait de 19,8% dans les territoires déjà les plus désertifiés.

On peut donc conclure à l’inefficacité des mesures incitatives à l’installation dans ces zones déjà dépourvues de services publics et de commerces.

Dans ce contexte, l’institution annonce qu’elle publiera au début de l’année 2019 des propositions concrètes sur les dix chantiers retenus dans le cadre du plan « Ma santé 2022 »…à moins que la majorité à l’Assemblée nationale n’ait changé d’ici là !

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Pas de lutte contre la désertification réellement engagée

    Le 06 décembre 2018

    Comment peut on parler d’inefficacité de la lutte contre la désertification médicale quand il n’y a pas eu de lutte réellement engagée. N’oublions pas que cette désertification médicale n’est qu’un aspect du désengagement organisé des services publiques et privés de certains territoires de notre pays. Lorsqu’en 1979, frais émoulu de la faculté de médecine de Paris j’ai quitté la région Parisienne pour venir exercer en province le constat de ce désengagement était déjà là et depuis (bientot 40 ans) cela n’a fait qu’enpirer. La lutte contre la désertification médicale ne commencera que quand « on » cessera de dépouiller certains territoires de leurs infrastructures.

    Dr Bounioux médecin retraité (heureusement)

Réagir à cet article