Déprogrammation d’interventions : la fronde des chirurgiens

Paris, le mardi 29 septembre – Avec la remontée des indicateurs épidémiques de la Covid-19, certains hôpitaux ont déployé le plan blanc et d’ores et déjà des opérations chirurgicales programmées sont repoussées comme à l’AP-HP ou encore au CHU de Montpellier.

Mais les chirurgiens invitent à ne pas oublier les risques associés à de telles décisions.

Ainsi, l’UCDF (Union des chirurgiens de France) et le Bloc estiment que les conséquences « en matière de santé publique » seront « lourdes » et entraineront une « augmentation de la morbidité et de la mortalité du fait d'un retard de prise en charge ». Ils rapportent en outre que les effets des déprogrammations du confinement ne sont « pas encore résorbés à l'heure actuelle : des patients sont toujours en attente de leur intervention ».

Aussi, les chirurgiens plaident pour des mesures…chirurgicales !

« Autant cette mesure peut être nécessaire ponctuellement sur un territoire particulier en fonction de sa situation sanitaire, autant sa généralisation à la totalité des établissements de soins sur l'ensemble du territoire français comme en mars dernier aurait à nouveau des conséquences délétères : le Sars-CoV-2 n'est pas le seul danger qui menace nos patients » soulignent-ils.

« Les praticiens de l'UCDF et du BLOC resteront extrêmement attentifs à la pertinence de toute restriction à l'accès aux soins chirurgicaux » préviennent-ils également.

Déjà, début mai, ils soulignaient « édicté pour lutter contre le risque Covid, le plan blanc a maintenant des effets délétères pour la santé publique, alors même que l’épidémie est presque éteinte sur une grande partie du territoire. Son rapport bénéfice/risque est devenu catastrophique. »

Aux chirurgiens de rappeler malicieusement la phrase du ministre de la santé : « nous ne pouvons pas nous permettre de déprogrammer massivement l'activité chirurgicale réglée. »

X.B.

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Vos réactions (5)

  • Absurdité létale

    Le 29 septembre 2020

    C'est l'évidence. Et encore ne prend-on pas en compte l'anxiété et le désarroi du malade, préparé psychologiquement pour être opéré de son cancer du colon (ou de son canal carpien), qui se voit ainsi repoussé sine die, sans tenir compte de ses épisodes subocclusifs ou de ses douleurs insomniantes.
    L'absurdité des mesures administratives est létale.

    Dr Jean-Fred Warlin

  • Létalité de l'administratif

    Le 01 octobre 2020

    Absolument d'accord sur la létalité de l'administratif...

    Dr Ludovic Lardy

  • Une faute éthique de nos hierarques

    Le 04 octobre 2020

    Plus de dix ans après avoir été opérée et sauvée d'un cancer du sein, mon épouse a consulté son chirurgien récemment.
    Au cours de cette consultation il lui a fait part de l'impossibilité pour lui d'opérer actuellement les nouveaux cancers du sein et de devoir reporter...tout cela à cause des fermetures de services mis en stand by.
    A quand remettra t-on les services en marche normale ?
    Que la pandémie soit prise au sérieux, que l'on se prépare à affronter une nouvelle pathologie, tout cela est bien normal.
    Qu'on oublie et retarde le reste relève de l'ineptie, de l'incompétence et d'une faute éthique de nos hierarques.

    Dr A.Brustier(retraité)

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