Des étudiants en médecine prêts à se faire vacciner

Les professionnels de santé sont exposés à un risque important d’infections, mais peuvent être aussi des vecteurs de transmission pour leurs patients. De nombreux travaux rapportent des cas de grippe, hépatite B, coqueluche, rougeole ou tuberculose, transmis par les soignants à des patients hospitalisés. Parmi ces soignants, les étudiants en médecine constituent un groupe particulier et parfois négligé. Une enquête a été menée au CHU de Vienne pour préciser l’opinion des étudiants en médecine sur l’éventualité d’obligations vaccinales pour les médecins, et plus généralement pour tous les professionnels de santé. En Autriche, les étudiants en médecine ne sont contraints pour le moment à aucune obligation vaccinale.

Plus de 1 100 étudiants ont participé à cette enquête. Ils sont globalement favorables aux vaccins, puisque 80 % des participants affirment qu’ils se soumettraient aux recommandations et 90 % qu’ils respecteraient le strict calendrier vaccinal pour leurs enfants. Ils considèrent majoritairement que les vaccinations sont sans danger et seulement 7 % affirment avoir des inquiétudes à ce sujet.

Améliorer les connaissances

Seul 1 étudiant sur 3 sait qu’en Autriche, aucune obligation n’existe pour les soignants, mais 80 % sont favorable à une obligation vaccinale. La moitié d’entre eux considère toutefois que ce ne serait pas une bonne façon d’améliorer la couverture vaccinale, et un tiers que l’obligation ne devrait concerner que certaines spécialités (néonatalogie, oncologie, pédiatrie,etc.).

Si leur statut immunitaire, bien que non optimal, est correct pour l’hépatite B (90,1 %), le tétanos (89,9 %), la polio (88,1 %) et l’hépatite A (84,4 %), il est peu satisfaisant en ce qui concerne la rougeole (2 doses ou maladie). Ce taux ne serait que de 78 %, alors que régulièrement des épidémies de rougeole surviennent en Europe. C’est le cas aussi pour la coqueluche contre laquelle 70,5 % des étudiants se disent immunisés. Pour la varicelle le taux est là encore suboptimal (70,5 %, mais peut-être sous-évalué), sachant qu’en Autriche environ 10 % de la population est vaccinée. Enfin, la couverture vaccinale contre la grippe, pour la saison 2014/15, était de 28,7 %, en augmentation régulière au fil des ans.

Pour les auteurs, des cours sur les vaccinations, dispensés tout au long des études de médecine, permettraient d’améliorer les connaissances des étudiants sur le sujet de la vaccination et les encourageraient sans doute à se vacciner. Ce qui aurait aussi un effet bénéfique pour les patients.

Dr Roseline Péluchon

Références
Kunze U et coll. : Self-reported vaccination status and attitudes towards mandatory vaccinations for health care workers among medical students
Vaccine - 2020; 38(35): 5695-5699

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Rougeole : soyons positifs

    Le 25 septembre 2020

    Est-ce qu'il existe des études sur les bienfaits à l'âge adulte chez ceux qui ont eu la rougeole dans l'enfance ?
    Je cherche, mais je ne trouve que la propagande habituelle "si vous ne vous vaccinez pas, vous allez tous mourir" avec des chiffres de létalité manifestement exagérés.
    Quand j'étais externe en maladies infectieuses pédiatriques au CHU de Montpellier au début des années 70, les cas d'encéphalites post morbilleuses étaient estimées à 1 pour 200.000 cas.
    Actuellement on avance le chiffre de 1 pour 1000 soit 200 fois plus (?).
    Je n'arrive pas non plus à trouver le nombre d'encéphalites post vaccinales.
    Comment puis-je avoir un avis éclairé sur la question ?

    Dr Bernard Albouy

Réagir à cet article