Des sanctions doivent-elles s’imposer face au refus de vaccination ?

Detroit, le jeudi 5 octobre 2017 – La progression de la défiance vis-à-vis de la vaccination n’est pas une tendance franco-française, comme certains voulaient encore le croire il y a quelques années. Plusieurs pays occidentaux doivent également composer avec différents mouvements rejetant la vaccination. Face à cette situation, les réponses des pouvoirs publics sont souvent proches : renforcer l’obligation et la contrainte. Mais des divergences demeurent concernant le degré de sanction pouvant être appliqué face à ceux qui demeurent les plus farouchement opposants. En France, où une obligation élargie est en cours de préparation, le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a régulièrement souligné son refus de programmer des punitions face aux récalcitrants. D’autres pays n’ont pas fait ce choix.

Une mère en prison en raison de son opposition religieuse à la vaccination

Ainsi, hier, dans le Michigan, la mère d’un petit garçon âgé de neuf ans, a été condamnée à passer sept jours derrière les barreaux pour avoir persisté dans son opposition à prodiguer les vaccinations obligatoires à son enfant. Rebecca Bredow avait reçu il y a un an l’injonction par le même tribunal de faire vacciner son fils, mais elle avait clairement indiqué à l’époque qu’elle n’obtempérerait pas. Constatant hier le maintien de son refus, les juges ont prononcé la sanction prévue : une peine d’emprisonnement d’une semaine. Le Michigan fait pourtant partie des vingt états américains qui, en dépit des recommandations de l’American Medical Association, accordent aux familles la possibilité de refuser les vaccinations pour des raisons religieuses. D’ailleurs, comme tous les parents qui font état d’une telle opposition, Rebecca Bredow a bien participé à une session de formation sur les bienfaits de la vaccination. Mais les poursuites judiciaires ont été intentées en raison du souhait de son ex-mari, le père du petit garçon, de voir ce dernier dûment immunisé.

No jab, no play

Si en France les controverses pseudo-scientifiques alimentent très majoritairement le discours hostile aux vaccinations, aux Etats-Unis, les motivations religieuses sont également régulièrement invoquées. Il s’agirait notamment de ne pas faire obstacle aux desseins de la nature et de Dieu. Cette importance du discours "spiritualiste" se retrouve aussi en Australie, pays qui a également choisi d’adopter des mesures drastiques face au refus de vaccination. Ne reconnaissant plus que les exceptions médicales, le gouvernement australien a ainsi adopté au début 2016 une loi suspendant les allocations familiales des parents n’ayant pas fait vacciner leurs enfants : 140 000 familles ont ainsi perdu cette subvention l’année dernière. Mais l’état de Victoria, qui pourrait bientôt être imité par le Sud Australien, a décidé d’aller plus loin en interdisant l’accès aux garderies et à la maternelle aux enfants non vaccinés. Le programme No jab, no play ne fait cependant pas l’unanimité, même chez les plus fervents partisans de la vaccination. « Exclure les jeunes enfants des collectivités est un obstacle injuste et regrettable pour l’éducation de ces enfants, sans que l’on puisse en attendre un bénéfice pour la protection des autres écoliers, qui sont très majoritairement pleinement vaccinés » a ainsi constaté Peter McIntyre, directeur du Centre national de recherche sur l’immunisation à Sydney.  A son sens, la priorité ne doit pas nécessairement concerner les "objecteurs de conscience" mais plutôt les enfants qui dans certaines zones urbaines très denses échappent à une prise en charge médicale très précoce et qui de ce fait ne reçoivent pas tous les vaccins nécessaires.

Des méthodes différentes mais des discussions universelles

Ces exemples montrent tout à la fois la différence de perception autour de la notion d’obligation vaccinale et des moyens à adopter pour la faire appliquer. Ils révèlent également que dans tous les pays, la pertinence de telles actions et sanctions est discutée, même par ceux qui n’ont aucun doute sur la nécessité des vaccinations.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (11)

  • Un plaidoyer contre le néo-maccarthysme sanitaire.

    Le 05 octobre 2017

    Le Prof. André Fougerousse vient de demander de diffuser largement, médias compris, la « Lettre Ouverte à Mr le Président Macron 02.10.17 » concernant la stupidité de l’injection des fameux 11 vaccins infantiles obligatoires. Il a publié cette lettre ouverte sur son site, transmis à la ministre de la santé et au Président de la République. Vous la trouverez sous le lien ci-dessous. Lisez-là, elle est particulièrement savoureuse, succulente et pas piquée des hannetons.

    http://www.andrefougerousse-recherche.fr/435764009

    Bien à vous en espérant que cette missive aura l’impact nécessaire pour faire réagir dans le bon sens les autorités politiques et sanitaires française, en arrêtant cet ignoble forcing obligatoire en laissant le libre choix aux familles en toute connaissance de cause.

    Dr Jean Pierre Eudier

  • Controverses pseudo-scientifiques vs motivations religieuses

    Le 05 octobre 2017

    Ah bon? C'est différent?
    C'est vraiment l'hopital qui se moque de la charité !

    Dr YD

  • Pseudo scientifiques?

    Le 06 octobre 2017

    Les controverses sur l'aluminium dans les vaccins seraient pseudo scientifiques?
    Je suis scandalisé par la partialité des argumentations de ceux qui dénient systématiquement toute rationalité aux opposants aux vaccinations massives.

    Ce dénigrement systématique des personnes qui ne sont pas décidées à accepter n'importe quoi, c'est du mépris, de l'irrespect.
    Mettre dans le même panier ceux qui ne veulent aucun vaccin, ceux qui ne veulent pas de l'aluminium, ceux qui veulent de la prudence dans la multiplication des vaccins, c'est de la manipulation.

    Cette certitude que 11 vaccins d'un coup sans expérimentation, sans remise en cause de l'excipient aluminium, ne pose aucun problème, c'est de l'ordre de la croyance, de la pensée magique. Ou alors, c'est du lobbying.

    Dr Joël Delannoy

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