En cas de deuxième vague : la stratégie française

Paris, le jeudi 25 mai 2020 - Dans une interview accordée au journal Le Monde, le ministre de la santé, Olivier Véran détaille son plan pour éviter et lutter contre une deuxième vague.

Traquer le virus

Premier axe de la stratégie gouvernementale : traquer le virus.

« Nous traquons le virus en continuant d’effectuer des tests. Cette semaine encore, environ 250 000 tests ont été réalisés, environ 99 % d’entre eux sont négatifs, ce qui montre qu’on cherche large. Nous organisons des dépistages systématiques, des "barnums", dans les communes où le virus circule même de façon minime. Chacun peut s’y présenter et bénéficier de ce dépistage » explique le locataire de l’avenue de Ségur.

En outre, Olivier Véran annonce que les autorités sanitaires vont lancer des campagnes visant à détecter d’éventuel « cluster dormant ». 

Il détaille : « Près de 1,3 million de personnes vivant dans trente communes d’Ile-de-France vont ainsi recevoir des « bons » de l’Assurance-maladie leur proposant d’aller faire un test virologique dans n’importe quel laboratoire public ou privé, même s’ils n’ont pas de symptômes. L’objectif est d’identifier les éventuels clusters dormants, c’est-à-dire des foyers invisibles de personnes asymptomatiques ».

12 000 lits de réa en cas de deuxième vague

L’épidémie de Covid-19, en France, a été marquée par des hôpitaux et des réanimations débordée. Le Monde a donc demandé au ministre ce qu’il préparait pour éviter qu’une telle submersion ne se reproduise.

« Nous avons acquis de nombreux respirateurs, nous consolidons un stock national de médicaments de réanimation et, d’ici à la fin de l’été, nous aurons plus de médicaments en stock que ce que nous avons utilisé au cours de la première vague. Lors de la première vague, nous avons été capables de passer de 5 000 à près de 9 000 lits de réanimation. Au total, nous avons accueilli 17 000 patients en réanimation au cours de la première vague. Aujourd’hui, il n’y a plus que 12 % des lits occupés par des malades du Covid-19 et il y a une mise au repos des équipes et une réduction du nombre de lits. Pour la suite et afin de parer à toutes les éventualités dans le cas d’une deuxième vague à l’automne, nous avons décidé d’être en mesure d’armer a minima 12 000 lits de réanimation dans les hôpitaux et d’admettre 30 000 malades en réanimation ». 

Un nouveau confinement est possible

Enfin, invité à réagir sur l’exemple allemand qui a choisi de confiner à nouveau une zone géographique de 600 000 habitants, le ministre prévient : « nous mettons tout en œuvre pour éviter de devoir un jour reconfiner un territoire. C’est la dernière des solutions que nous envisageons. Mais, si la situation sanitaire le nécessite dans certains territoires, nous n’hésiterons pas. S’agissant d’un reconfinement complet, en sortant de l’état d’urgence sanitaire en juillet, nous perdons, et nous assumons, les moyens législatifs d’organiser une reconfinement complet au profit de mesures plus ciblées. Et si nous devions avoir malgré tout des décisions difficiles à prendre, il faudrait de nouveau décréter l’état d’urgence sanitaire ».

A suivre…

F.H.

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Vos réactions (1)

  • 12 000 ? 30 000 ? lits de réa?

    Le 05 juillet 2020

    12 000 ou 30 000 lits de réa? et le personnel? suffisant? en état? lamentable! l'histoire ne se répète jamais, ...elle bégaie!

    Dr Jean-Paul Vasse

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