Erreurs médicales et aléas thérapeutiques : une équation et beaucoup d’inconnues

Paris, le jeudi 23 novembre 2017 – La Semaine de la sécurité des patients qui s’achève a été l’occasion de dévoiler le nombre d’« événements graves » que les professionnels de santé ont désormais l’obligation de signaler sur le « portail de signalements des événements sanitaires indésirables ». 
Au terme de la définition de la Haute Autorité de santé (HAS), cette appellation recouvre les « événements inattendus » qui ont des conséquences sur la santé du patient.

Ce premier décompte, depuis l’ouverture de ce site en mars 2017, fait état de 1 153 erreurs médicales et aléas thérapeutiques signalés par les praticiens, des chiffres qui ne semblent pas concorder avec ce que l’on sait de la fréquence de ce type d’incidents dans les pays développés.

De 1000 à 50 000 morts d’erreur médicale !

Ainsi, selon l'Organisation mondiale de la santé, dans les pays les plus avancés,  un patient hospitalisé sur 300 décèderait d'un « accident médical ». Or, en France, en 2016, 13 millions de personnes ont été hospitalisées. On pourrait dés lors en conclure que plus de 40 000 personnes meurent chaque année "d’accident médical".

D’autre part, une étude de 2016 estimait le nombre de morts liées aux seules erreurs médicales à 251 000 par an aux États-Unis, pour une population environ cinq fois supérieure à la notre…
Le ministère de la Santé, lui, préfère, ne pas se prononcer sur ces données déclaratives, tout en reconnaissant qu’elles ne correspondent pas aux chiffres de l'enquête ENEIS (Enquête nationale sur les événements indésirables liés aux soins) de 2009 qui estimait le nombre « d'événements indésirables graves » dans les hôpitaux et cliniques françaises entre 250 000 et 450 000 par an !

Ces chiffres devraient d’ailleurs faire l’objet d’une réactualisation en 2019.

De l’erreur médicale au risque du métier : un continuum ?

Soulignons qu’une des causes de la probable minoration est l’incertitude quant à ce qui relève ou non de l’erreur médicale et ce qui est considéré comme tel ou non.

Ainsi, les différents travaux en la matière se caractérisent par une confusion quant au concept aux contours mal définis… En outre, la mise en évidence de la responsabilité des professionnels dans ces incidents demeure, la plupart du temps, difficile.

Frédéric Haroche

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Vos réactions (4)

  • Les chiffres de l'HAS sont sur-évalués

    Le 23 novembre 2017

    Je suis scandalisé par la méthode d'analyse utilisée par l'auteur.
    Il n'a manifestement aucune connaissance du problème et surtout n'a jamais été voir comment fonctionne le système de santé américain ce qui n'est pas mon cas puisque j'y ai travaillé pendant un an en tant que chirurgien:

    1° les chiffres annoncés par l'HAS sont sur évalués car ce que vous ne savez pas c'est que les chirurgiens sont obligés par l'HAS de déclarer au moins un événement indésirable par an s'ils veulent être accrédités, ils sont donc presque tous contraint d'inventer un événement de ce type si ils veulent voir valider leur accréditation.

    2° Pour avoir opéré dans plusieurs pays du monde je peux vous dire que le système chirurgical français est un des meilleurs au monde et d'ailleurs lorsque j'étais à la Mayo Clinic mon patron m'expliquait que les deux seuls pays au monde où leurs résidents trouvé un meilleur niveau que le leur sont le Japon et la France.
    Les États-Unis ont un taux de malpractice très élevé du fait de leur système de formation très restrictif mais parallèlement c'est aussi le pays au monde qui fait le plus de statistique. Donc faire un parallèle et une extrapolation à partir leurs chiffre n'a aucune valeur.
    Je vous conseil fortement de contacter les intéressés avant de publier ce genre de papier cela vous éviterait de lourdes erreurs qui peut avoir des conséquences graves en particulier sur la confiance du public ce qui reste un élément déterminant dans la qualité des soins

    Dr Jean Marc Claise
    http://orthodoc.aaos.org/jeanmarcclaise/

  • Les evenements indesirables graves ne sont pas systematiquement mortels

    Le 23 novembre 2017

    Effectivement il faudrait savoir de quoi on parle avant d'affoler le grand public pour faire le buzz (suivez mon regard!).

    Juste un point parmi d'autres: les evenements indesirables graves (EIG) ne sont pas systematiquement mortels et le but de leur signalisation n'est pas de faire le buzz, mais de colliger ceux qui sont les plus frequents/graves pour faire porter les efforts d'amelioration en priorité sur eux. C'est donc un outil de progrès! Si on en fait un outil mediatique, ils ne seront plus (ou mal)signalés ! ...et ils perdront de leur intérêt. Certes d'autres pays sont plus en avance que nous et ont abouti à des analyses poussées et à des recommandations de progrès grace au regroupement des signalisations, mais en France on aime mieux denoncer que progresser!

    Dr Luc Guyot

  • On ne peut rien contre leur organisation maléfique

    Le 24 novembre 2017

    Tant que les médecins se porteront assistance devant l’adversité, en l’occurence la victime, pour preserver un renvoi d’ascenseur lors de leur éventuelle mise en cause, tant qu’ils seront au sein de la justice juges et parties et que sans vergogne, ils mentiront terriblement, falsifieront leur dossier medical,falsifiront leurs résultats d’examen tout domaine,toute spécialité) de façon tellement grossière que ça pourrait en être risible si ce n’était pas si grave, il n’y aura pas de justice possible pour leurs victimes.Bonne continuation à ceux pour qui tout est permis...

    Elisabeth Lehay (SF)

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