Et maintenant la turista … de masse !

Paris, le vendredi 16 août 2019 - Né dans les années 60, après les congés payés et la hausse du niveau de vie dans les pays industrialisés, facteur de développement économique des pays de destination, le tourisme de masse n’a cessé de croître depuis, atteignant maintenant la saturation en de nombreux endroits. La saturation démographique, qui provoque le rejet d’habitants excédés, comme à Barcelone où certains murs clament « Tourist go home », s’ajoute à la saturation géographique susceptible de favoriser des désastres écologiques : les complexes installés sur les bords de mer paradisiaques font disparaître mangrove, coraux etc. Quant aux montagnes de déchets générés quotidiennement, ils saturent les poubelles et menacent la salubrité locale.

Ici tout est luxe, palmes... et diarrhées ?

Ainsi depuis 3 ans, la Riviera Maya et Cancun - hauts lieux du tourisme de masse mexicain - font l’objet d’un avertissement de santé publique suite à de nombreuses  cyclosporoses contractées par des touristes. Très répandue au Mexique, cette parasitose intestinale responsable de diarrhées parfois graves, sévit jusque dans les hôtels de luxe des stations balnéaires où le touriste "au paradis" côtoie un personnel sous-payé qui vit, parfois à une heure de trajet, dans l’enfer de quasi-bidonvilles. La Grande Bretagne, dont 600 ressortissants ont contracté une cyclosporose dans cette zone depuis 2015, a donc mis en garde les candidats au voyage et rappelé les précautions d’hygiène à prendre lors de leur séjour. Des Français sont également revenus infectés.

La croisière ne s’amuse pas

L’Egypte attire aussi des millions de touristes au bord de la mer rouge. Des infections à Escherichia coli entéro-hémorragique (EHEC), parfois mortelles si elles se compliquent en syndrome hémolytique et urémique, sont régulièrement contractées par les touristes : en 2018 trois britanniques infectés à Hurghada sont morts et 300 touristes d’un hôtel de cette ville, contaminé par EHEC, ont été évacués. Le Royaume-Unis (18 cas depuis début 2019) et l’Allemagne (31 cas) s’inquiètent de cette situation.

Enfin le tourisme de masse c’est aussi d’immenses paquebots de croisière où la promiscuité augmente (entre autres) le risque fécal, norovirus en tête. En janvier, un paquebot américain a dû rentrer à son port d’attache, Cap Canaveral, le ventre alourdi de 600 personnes atteintes de gastro-entérite !

Se laver les mains, se méfier des repas buffets… ou mieux : ne plus voyager ainsi. Tant qu’à courir un risque fécal, autant voyager plus responsable !

Dr Blandine Esquerre

Références
Dr Blandine Esquerre

Vidal du Voyageur
Avant le départ, un voyage sur internet s’impose
Du nouveau pour traiter la diarrhée du voyageur.

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Vos réactions (1)

  • Prévention

    Le 22 août 2019

    Il existe un excellent moyen de prévention de la tourista qui consiste à prendre de l'Ultra-levure ou l'équivalent en parapharmacie. 200 à 250 mg deux fois par jour en commençant le traitement quatre jours avant le départ et au retour.

    Je n'ai jamais eu de tourista en Egypte en mangeant de fruits et des légumes.

    Dr Guy Roche, ancien interniste

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