Grave crise au CHU de la Réunion

Saint-Pierre, le jeudi 8 février 2018 - Le CHU de la Réunion connaît de graves difficultés financières : son déficit a atteint 35,3 millions d’euros (soit 5,21 % de son budget total) contre 20,2 millions d’euros en 2015. A cette situation s’ajoute la nécessaire restructuration en profondeur de l’offre hospitalière pour mieux répondre aux besoins de santé des Réunionnais. L’établissement a régulièrement bénéficié du soutien de l’État. Mais cette aide ne peut être allouée sans contreparties. Ainsi, en l’échange d’un nouvel appui financier de 50 millions d’euros qui s’ajoutent aux 50 millions déjà alloués en août dernier et qui vont permettre la reconstruction du bâtiment central de l’hôpital Saint Pierre, la direction de l’hôpital vient de soumettre à l’Agence régionale de Santé un plan de redressement. Celui suppose notamment la suppression de 155 emplois et la fermeture de l’hôpital de Cilaos. L’ARS vient d’accepter ce programme qui doit contribuer à un retour à l’équilibre en 2022.

Enclavement

Si cette acceptation de l’ARS est considérée comme un signal très encourageant par la direction, il conforte la plupart des syndicats dans leur position contestataire. Le plan de redressement est en effet l’objet d’un rejet quasiment unanime de la part des représentants des agents hospitaliers, médecins compris. Alors qu’une grève illimitée a déjà été annoncée, 34 chefs de service et de pôle ont présenté la semaine dernière leur démission administrative, après le rejet par la Commission médicale d’établissement (CME) du plan de la direction. Bien que conscients de l’urgence de rétablir l’équilibre financier du CHU, les praticiens contestent la pertinence du plan. La fermeture de l’hôpital de Cilaos est notamment clairement redoutée, alors qu’un récent éboulement ayant entravé la circulation a confirmé l’importance d’une offre de soins dans cette localité, en raison du risque ponctuel d’enclavement de la population. De nouvelles discussions doivent avoir lieu pour tenter de rassurer des personnels hospitaliers très en colère et inquiets des répercussions pour la santé des Réunionnais.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Pour être précis

    Le 09 février 2018

    Le plan de retour à l’équilibre décidé par la Direction a été soumis pour avis à la CME (Commission Médicale d’Etablissement) avant son passage en CTE (Comité Technique d’Etablissement) et en Conseil de surveillance.

    Les 38 médecins présents à la CME du 19 janvier dernier ont voté : 4 voix pour, 15 voix contre et 19 abstentions. Même si 50% des médecins se sont abstenus, il n’en reste pas moins que la CME a ainsi officiellement émis un avis défavorable sur ce dossier, conformément aux dispositions du règlement intérieur de la CME.

    Personne ne peut interpréter ce vote abstentionniste comme étant une adhésion au projet. Or, les propos ambigus qui ont été tenus par la Présidente de la CME, dans son interview télévisé du 23 janvier, repris par le Directeur général et le Président du Conseil de surveillance, laissent entendre que ces votes abstention seraient à interpréter positivement en faveur de la direction et de son projet PRE. D’ailleurs, une partie de la presse a relayé un accord de la communauté médicale au « Plan Calenge ».

    Il n’en est rien et le vote de la CME le prouve et ne peut être contesté : la CME a voté contre et a ainsi émis un avis défavorable à ce PRE.

    Dr JD, 97430

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