Grève contre la loi travail : le monde de la santé appelé à se mobiliser

Paris, le mardi 12 septembre 2017 – Journée test aujourd’hui tant pour les syndicats, que pour le gouvernement. Une partie des organisations de salariés a en effet sonné la mobilisation contre la réforme du code du travail et espère une forte participation. Pour grossir les rangs des défilés, même si l’impact du projet de loi contesté sera moins direct sur lui, le secteur public est également appelé à la grève et à la manifestation. C’est notamment le cas des établissements de santé et de l’ensemble du secteur médico-social.

Des revendications presque spécifiques au monde de la santé

Parmi les points programmés dans la nouvelle loi travail et qui suscitent la contestation des antennes santé des centrales syndicales figure la modification des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. La CGT Santé comme Solidaires Sud appellent ainsi au « maintien des attribution des instances représentatives du personnel dont celles du CHS-CT ». Par ailleurs, même si ces revendications concernent de manière moins aigüe le secteur de la santé que d’autres filières, Solidaires Sud Santé liste dans ses « revendications spécifiques » pour cette journée du 12 septembre : « le refus de validation d’accord collectif par voie de référendum » ou encore le « refus du plafonnement des indemnités prud’homales ».

Emplois aidés : un casus belli général

Mais au-delà de la contestation de la réforme annoncée du code du travail, dans le secteur de la santé, les syndicats veulent faire de cette journée une manifestation pour la défense du secteur public. C’est ainsi que se multiplient les revendications pour l’amélioration des rémunérations (les organisations insistent sur l’augmentation des salaires et notamment la revalorisation du point d’indice) et la sauvegarde des systèmes de retraite et des statuts particuliers. Enfin, et sur ce point la CGT pourraient être rejointe par la CFDT qui aujourd’hui n’appelle pas à manifester mais qui ne manque pas d’inquiétudes sur ce sujet, la question des emplois aidés devrait tenir une place importante dans les slogans martelés aujourd’hui. Beaucoup, notamment dans les établissements hébergeant des personnes dépendantes (EHPAD) craignent en effet de la disparition brutale de dizaine d’emplois qui s’ils ne concernent pas les postes de soins risquent néanmoins de mettre à mal le bon fonctionnement de ces établissements.

Mobilisation invisible

On notera par ailleurs qu’au niveau local, dans plusieurs établissements où les tensions se sont durcies cet été, autour notamment de la question du manque d’effectifs, cette journée du 12 septembre a été choisie comme point de départ d’une mobilisation plus marquée et de mouvements de grèves reconductibles. Cependant, partout, l’impact pour les patients devrait être invisible, en raison du jeu des réquisitions mais plus encore du maintien d’un sens aigu de leur responsabilité par les soignants.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Lettre d'une infirmière* à Jupiter.

    Le 13 septembre 2017

    Allo, Jupiter, ici la Lune.

    Celle sur laquelle je suis assise pour vous écrire cette lettre et qui me permet de ne pas péter plus haut que mon ... contrairement à beaucoup de ceux qui vous accompagnent et qui s'autorisent des comportements indignes de la République que vous présidez.

    Je ne suis pas une feignasse car j'ai commencé à travailler à l'âge de 14 ans quand vous n'étiez encore qu'unicellulaire. A force de persévérance et en ne comptant que sur moi même car orpheline assez jeune, je suis arrivée il y a une trentaine d'années à valider mon diplôme d'infirmière. Et je n'avais pas, comme vous, 1000 euros par mois à gérer pour financer mes études.

    Comme beaucoup je suis, à vos yeux, une extrémiste puisque j'ai voté pour la France Insoumise aux dernières élections selon vos allégations distillées hors territoire, une habitude chez vous. Ce qui ne se fait pas monsieur Macron, quand on respecte la France et les français.
    Cynique, très certainement et fière de l'être car désabusée de constater depuis de nombreuses années que la Santé est devenue le parent pauvre des priorités gouvernementales.

    Alors oui, monsieur qui n'êtes pas mon président, je lutterai comme je le fais tous les matins quand je me lève pour affronter la vie, sans fard, ni maquillage, moi.
    Et croyez moi, ce ne sont pas les idées qui me manquent pour réformer la France, mais pas de la manière que vous et vos copains banquiers comptez nous l'imposer.

    Rendez vous dans la rue les 12, 23 septembre et plus souvent si besoin.

    * Jeanne a 53 ans, mariée et 3 grands enfants.

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