Hécatombe annoncée au Brésil

Sao Paulo, le samedi 30 mai – L’épidémie continue de s’accélérer de façon inquiétante au Brésil, déjà l’un des pays les plus endeuillés au monde. Aux Etats-Unis, Donald Trump fait le choix de l’isolement diplomatique.

Les images des enterrements à la chaine dans le cimetière de Sao Paulo, la plus grande ville du Brésil, ont fait le tour du monde. Des images qui disent l’augmentation inquiétante de la mortalité dans le pays ces dernières semaines du fait de l’épidémie de coronavirus. Dans ce cimetière gigantesque, le plus grand du continent, les pelleteuses marchent à plein régime, les fossoyeurs font des heures supplémentaires, tandis que les enterrements, en petit comité, sont expédiés en quelques minutes.

Avec un bilan officiel de 28 000 morts, le Brésil est désormais le cinquième pays le plus endeuillé au monde. Mais contrairement à l’Europe ou aux Etats-Unis, le pays est loin d’avoir atteint le pic de l’épidémie et le nombre de décès quotidiens continue d’augmenter. Près de 1 200 Brésiliens sont décédés de la Covid-19 ce vendredi 29 mai et le nombre de victimes a doublé en 15 jours. Des chiffres d’autant plus inquiétants qu’ils sont, selon la plupart des experts, largement sous-estimés.

Une nouvelle technique de dépistage à Sao Paulo

Tandis que les hôpitaux sont au bord de la saturation, les autorités sanitaires misent sur le dépistage massif pour mieux lutter contre l’épidémie. A l’hôpital Albert Einstein de Sao Paulo, une nouvelle méthode révolutionnaire de dépistage a été mise au point qui permettra d’analyser 16 fois plus de tests que la technique PCR classique. L’établissement pourra ainsi réaliser 9 000 tests supplémentaires quotidiens. Une innovation technologique qui pourrait permettre au Brésil de rattraper son retard dans le domaine du dépistage : le pays a réalisé 12 fois moins de test par habitants que les Etats-Unis.

Les mesures de distanciation sociale mises en place début mars un peu partout dans le pays semblent avoir eu peu d’effet sur la propagation de la maladie. D’autant que la réponse à l’épidémie a été perturbée par l’attitude provocante du président Jair Bolsonaro (« la pire menace pour le Brésil » selon un éditorial du Lancet) qui ne cesse de minimiser l’importance de la crise et a déjà limogé deux ministres de la santé.

Rupture des relations entre les Etats-Unis et l’OMS

A Washington, Donald Trump a mis ses menaces à exécution et a annoncé que les Etats-Unis allaient « mettre fin à leur relation avec l’OMS ». La première puissance mondiale va notamment interrompre sa contribution financière à l’organisation onusienne. « Nous allons rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent » a déclaré, sans plus de précision, le président américain.

Depuis plusieurs semaines, le milliardaire accuse l’OMS d’être dans la main de la Chine et d’avoir notamment aidé le régime chinois à dissimuler la gravité de l’épidémie à ses débuts. Selon lui, la collusion entre l’OMS et Pékin a fortement aggravé la pandémie. Donald Trump a d’ailleurs également menacé de mettre prochainement fin aux relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine.

Le non-confinement contesté en Suède

En Suède, où l’épidémie faiblit lentement mais surement depuis deux semaines, c’est déjà l’heure de rendre des comptes. L’opposition de droite multiplie ses demandes pour qu’une commission d’enquête soit réunie sur la réponse donnée à l’épidémie par le gouvernement. Ce à quoi le Premier ministre Stefan Lofven a répondu qu’une telle démarche devrait attendre la fin de la crise sanitaire. Pour rappel, le royaume est l’un des seuls pays d’Europe à ne pas avoir pris de mesures de confinement drastique, avec un bilan mitigé. Déplorant 4 350 morts, la Suède présente un taux de mortalité équivalent à celui de la France mais quatre fois supérieur à celui du Danemark et huit fois supérieur à la Finlande.

QH

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Vos réactions (1)

  • OMS

    Le 03 juin 2020

    Pourquoi ne pas rapatrier l'OMS en Europe après "épuration",

    Dr Guy Roche

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