Il y a un enfant malade dans l’avion

En 2017, plus de 4 milliards de passagers ont voyagé sur des vols commerciaux. Alors que les événements médicaux en vol impliquant des passagers adultes ont été largement étudiés, il n’en est pas de même pour les enfants. Afin de combler cette lacune, les dossiers de tous les événements médicaux survenus en vol du 1er janvier 2015 au 31 octobre 2016 et concernant des enfants de moins de 19 ans vus en consultation dans un centre médical au sol, lequel fournit un soutien médical à 77 compagnies aériennes commerciales dans le monde entier, ont été passés en revue.

15 % des problèmes médicaux concernent des enfants

Sur un total de 75 587 événements médicaux survenus en vol, 11 719 (15,5 %) ont concerné des enfants. La plupart des événements se sont produits sur des vols long-courriers (76,1 %) et 14 % concernaient des bébés portés sur les genoux. Les soins en vol ont été dispensés par des membres d'équipage uniquement (88,6 %) et par des médecins (8,7 %) ou des infirmières (2,1 %) volontaires. La plupart des problèmes médicaux ont été résolus en vol (82,9 %), tandis que 16,5 % ont nécessité des soins supplémentaires à l'atterrissage et 0,5 % ont entraîné un déroutement de l'avion. Les diagnostics les plus courantes étaient les nausées ou les vomissements (33,9 %), la fièvre ou les frissons (22,2 %) et les réactions allergiques aiguës (5,5 %).

Les événements impliquant des nourrissons portés sur les genoux, étaient des syncopes, des convulsions, des brûlures, des dyspnées, des traumatismes contondants, des lacérations ou des maladies cardiaques congénitales. Chez ces enfants âgés de moins de 2 ans, les évènements ayant nécessité l'assistance d'un prestataire médical bénévole ou ceux nécessitant l'utilisation d'oxygène ont été positivement corrélés avec la nécessité de soins supplémentaires après le débarquement.

Un évènement sur six nécessite la poursuite des soins après l’atterrissage

La plupart des événements médicaux pédiatriques en vol sont donc bénins, résolus en vol et pris en charge par les membres d'équipage en consultation avec un centre de soutien médical au sol et entraînent rarement le déroutement de l'avion ou la mort du passager. Toutefois, les événements tels que : syncope, convulsions, brûlures, dyspnée, traumatisme, lacérations ou maladie cardiaque congénitale sont plus susceptibles de nécessiter des soins supplémentaires à destination, tout comme ceux qui concernent des nourrissons portés sur les genoux. Au total, seulement un évènement sur six nécessitera la poursuite des soins à l’arrivée.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Rotta AT, Alves PM, Nerwich N, Shein SL : Characterization of In-Flight Medical Events Involving Children on Commercial Airline Flights. Ann Emerg Med., 2020; 75(1): 66-74. doi: 10.1016/j.annemergmed.2019.06.004.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Silence complet sur les otopathies dysbariques ?…

    Le 24 janvier 2020

    Étonnant du point de vue de l’ORL que ne soient même pas cités les otalgies et otopathies dysbariques qui sont pourtant une cause très fréquentes de consultation après un vol, tant pour les passagers que pour les personnels navigants... Sans doute considérées comme de simples incidents ne menaçant pas la vie du patient, et donc totalement banalisées, alors qu’elles peuvent ne pas être si bénignes, en même temps que forts douloureuses !

    Les compagnies aériennes ne sont pas toutes exemplaires pour leur prévention, l’idéal étant de proposer des bouchons atténuant les variations de pression (une marque bien connue en propose de bonne efficacité) y compris en cabine et en cours de vol en cas d’oubli !...

    Dr Bernard Dumas

Réagir à cet article