Interaction gène et environnement pour le TDAH (aussi)

L’American Journal of Psychiatry consacre un éditorial à la « tâche colossale » qui consiste à démêler « les facteurs de risque génétiques, environnementaux et développementaux » en matière de troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Espérant qu’une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques du TDAH permette de révéler certains facteurs de risque assignables comme autant de nouvelles pistes thérapeutiques, l’auteur rappelle que des études récentes donnent des premières indications sur la façon dont les facteurs environnementaux peuvent influencer l’expression des gènes par des changements épigénétiques, mais ces recherches ne lui paraissent toutefois qu’à leurs balbutiements. 

Ainsi, une étude de 2019 comparant des mères sans TDAH mais avec des allèles à risque de TDAH à des mères sans allèle à risque suggère que les mères avec ces allèles à risque de TDAH ont un taux plus élevé de problèmes de santé mentale, de complications gravidiques, et de marqueurs d’un mauvais état nutritionnel. Cependant, note l’auteur, cette étude n’a révélé aucune association significative entre une éventuelle naissance prématurée et un risque génétique de TDAH chez les mères ou chez leurs enfants.

Une combinaison à risque : affection auto-immune maternelle et risque polygénique de TDAH élevé

Une autre étude n’a trouvé qu’une simple « tendance d’interaction gène-environnement » entre les scores de risque polygénique [1] du TDAH et quatre (parmi vingt-quatre possibles) facteurs de risque : une maladie auto-immune chez la mère (maternal autoimmune disease), un antécédent de traumatisme crânien léger chez l’enfant (mild traumatic brain injury), un contexte de chômage chez le père (paternal unemployment) ou son âge plus jeune (lower paternal age) à la naissance de l’enfant. Pour l’auteur, cette étude suggère que les sujets à la fois accablés par un score de risque polygénique de TDAH plus élevé et exposés de surcroît à l’un de ces quatre facteurs de risque pourraient avoir une probabilité plus élevée de développer un TDAH. 

Et lors de « comparaisons multiples » en matière d’interaction gène-environnement, le facteur le plus pertinent s’avère la coexistence d’une « affection auto-immune chez la mère avec un score de risque polygénique élevé de TDAH. »

Dr Alain Cohen

Référence
Kittel-Schneider S : ADHD: The mammoth task of disentangling genetic, environmental, and developmental risk factors. Am J. Psychiatry 2023; 180(1): 14–16.

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Vos réactions (1)

  • Cela m'amuse toujours

    Le 06 février 2023

    Les péroraisons sur l'inné et l'acquis et les controverses sur les gènes et l'environnement reviennent à se demander si une monnaie vaut par son côté pile ou par son côté face.
    Aucun gène n'a de rôle que de répondre à l'environnement qui l'a sélectionné, et réciproquement aucun stimulus environnemental n'a d'effet biologique sans gène pour y répondre.

    Dr Pierre Rimbaud

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