La bataille des ratios infirmiers gagnera-t-elle la France ?

Montréal, le jeudi 1er mars 2018 – Depuis plusieurs semaines, un malaise touche les infirmiers québécois (dont un tiers se déclarent prêts à quitter leur emploi) qui se mobilisent pour réclamer une législation claire sur le nombre minimum nécessaire d’infirmiers pour prendre en charge les patients hospitalisés.

Le ministre de la Santé de la belle province, Gaétan Barrette a d’ailleurs récemment assoupli sa position et a prévu la création d’une commission ad hoc, formée de syndicalistes et de représentants étatiques pour fixer le ratio jugé idéal dans chaque secteur.

En France, une enquête récente de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) avait révélé que le ratio infirmier est en moyenne d’un infirmier pour 22,5 patients le matin et un pour 25,7 l’après-midi, soit dans la moyenne basse des États les plus avancés. Notons néanmoins que certains hôpitaux et certains services se sont dotés de réglementations internes…pas toujours appliquées !

Rappelons que certains pays ont intégré des quotas contraignants. Ainsi l’Australie où la Fédération australienne de soins infirmiers (ANF) estime qu’ils ont permis « un meilleur recrutement et maintien en poste des infirmières et une plus grande stabilité de l’emploi, de meilleurs soins aux patients et une charge de travail plus gérable ».

Peut-être que ce cheval de bataille syndical traversera bientôt l’Atlantique.

Xavier Bataille

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Vos réactions (3)

  • Lesinfirmieres Encolere écrivent à #MarisolBuzyn.

    Le 01 mars 2018

    Lesinfirmieres Encolere écrivent à #MarisolBuzyn.

    Madame la Ministre de la Santé,

    Comme vous semblez l’ignorer, les infirmières et autres soignants sont mécontents.
    Dans la poursuite de la casse du service public hospitalier débutée sous Chirac puis Sarkozy, amplifiée par Marisol Touraine sous Hollande, on nous demande de faire toujours plus avec toujours moins.
    Vous connaissez très bien le monde hospitalier pour y avoir passé plus de vingt ans, au chevet du patient. Ceci est donc une circonstance aggravante car contrairement à d’autres, vous agissez - médecin de formation - en connaissance des effets désastreux de cette politique, sur la santé des soignants et des patients.
    Sans jamais avoir été élue, vous avez été nommée et ne craignez donc pas une sanction dans les urnes comme celle que nous avons infligé à votre prédécesseure, traître à ses engagements. Elle, a fait carrière dans la politique, vous dans la fonction publique hospitalière.
    Aujourd’hui, vous caressez dans le sens du poil les soignants libéraux dans la logique voulue par le président Macron, avec la méthode éprouvée de diviser pour mieux régner... Il ne nous paraît cependant pas inutile de vous rappeler nos revendications, plus que légitimes, voir ci-dessous*.
    Comme annoncé cette semaine, nous soutenons sans réserve la grève nationale du 15 mars sur les EHPAD. Puis celle du 22 mars concernant la défense des services publics. Enfin, nous appelons à un grand mouvement citoyen de révolte le 01 mai, reconductible les jours suivants.

    Recevez madame la ministre, nos salutations désabusées, épuisées mais toujours autant déterminées.

    Lesinfirmieres Encolere.

    * nos revendications :

    - le remplacement systématique des absences par des embauches
    - le paiement des heures supplémentaires accumulées en masse
    - un salaire de début à 2000 euros contre 1500 aujourd’hui
    - le respect de nos plannings et jours de repos
    - la prise en considération de la pénibilité infirmière abandonnée en 2010
    - l’accès aux formations dans le cadre de la formation professionnelle
    - une prime de nuit supérieure à 1 euro de l’heure (actuellement)

  • Notre ministre

    Le 04 mars 2018

    Je ne suis pas sûre qu'elle ait beaucoup fréquenté le chevet du malade, ni les équipes soignantes.
    Elle semble appartenir davantage à la sphère des mandarins et des postes à responsabilité dans le milieu des autorités de santé et de l'industrie pharmaceutique...

    Catherine Harris

  • Aigri

    Le 08 mars 2018

    Parfois je me demande si notre ministre se souvient de son passée prof'. Moi, soignant par le manque de moyen, je suis aigri d être soignant.

    DT

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