La coqueluche revient, grave !

Malgré une couverture vaccinale élevée, l’incidence de la coqueluche est en augmentation aux États-Unis. Et si beaucoup de travaux décrivent les caractéristiques de l’affection chez les très jeunes enfants, les autres classes d’âge ne sont pas épargnées. C’est ce que montre une étude réalisée entre 2011 et 2015 dans 5 états des États-Unis sur les cas de coqueluche ayant nécessité une hospitalisation.

Au total 15 942 cas de coqueluche ont été recensés pendant cette période, et 515 patients ont été hospitalisés (3,2 %). Il apparaît que les personnes aux âges « extrêmes » de la vie sont les plus vulnérables à une infection sévère. Ainsi, 27 % des enfants de moins de 1 an et 12 % des plus de 65 ans ont été hospitalisés. Les jeunes enfants notamment (< 2 mois) représentent moins de 2 % de la totalité des cas, mais comptent pour environ 30 % des hospitalisations et parmi ceux qui sont hospitalisés, la moitié le sont dans une unité de soins intensifs.

Les formes sévères ne se voient pas que chez les nourrissons

Les facteurs associés à une hospitalisation diffèrent selon l’âge. Ainsi, les enfants de moins de 2 mois ont 2 fois moins moins de risque d’être hospitalisés si leur mère a reçu un rappel de vaccin au cours du 3ème trimestre de la grossesse. Les enfants entre 2 et 11 mois ont aussi moins de risque s’ils sont à jour de leur vaccination.

Au-delà d’1 an, les antécédents d’asthme semblent constituer un facteur de risque, alors qu’entre 12 et 20 ans, les malades sont plus souvent porteurs d’une pathologie immunitaire, neurologique, ou génétique. Enfin chez les plus de 21 ans, près de la moitié présentent une obésité, un asthme, un tabagisme, un diabète, une bronchopathie chronique ou un déficit immunitaire qui semblent constituer des facteurs aggravants.

Dans cette cohorte, 3 patients sont décédés : un nourrisson de 42 jours qui avait présenté un syndrome de sevrage néonatal, un patient de 48 ans atteint d’une infection à HIV et une personne de 78 ans ayant des antécédents d’asthme et de bronchopathie chronique obstructive.

Devant la résurgence de la coqueluche dans de nombreux pays, l’accent est mis sur la protection des nourrissons, avec notamment la prévention par la vaccination des mères au cours du 3ème trimestre de la grossesse. Cette étude montre que les infections sévères justifiant une hospitalisation ne sont pas réservées aux nourrissons. D’autres groupes, présentant certaines caractéristiques ou des comorbidités, sont également exposés.

Dr Roseline Péluchon

Références
Mbayei SA et coll. : Severe Pertussis Infections in the United States, 2011-2015. Clin Infect Dis., 2018 Oct 15

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Vos réactions (4)

  • Oui, les quintes de toux vous étouffent

    Le 17 décembre 2018

    Moi j'ai perdu un de mes frères âgé de 3 ans en 1946. J'avais six ans. Toute l'école était malade. C'est moi qui ai apporté la maladie à Michel. Mon père m'en a voulu !

    Dr JD

  • Lien avec vaccination

    Le 19 décembre 2018

    Dommage que la situation vaccinale des malades et de leur entourage ne soit pas précisée dans l'article, notamment le lien avec la gravité des cas. On peut avoir une coqueluche en étant vacciné, mais sans doute moins grave ? Et sans rappel naturel (il y a "trop peu" de malades), l'immunisation conférée par la maladie n'est en fait pas beaucoup plus durable que celle provoquée par le vaccin : la question des rappels se pose, notamment chez l'adulte.

    J'ai été un des premiers cas adultes il y a une bonne dizaine d'année. On (entourage médical ++) n'a pas pensé du tout à la coqueluche au début (je me suis retrouvée avec un traitement anti-reflux gastro-oesophagien), pourtant la toux était typique, aucun antitussif n'y changeait rien ; diagnostic fait dans un deuxième temps car l'enfant d'un proche en avait une. Les quintes pendant les baignades en mer ça n'est pas rigolo, sans parler de la gène la nuit ; ça m'a "handicapée" des semaines voire des mois (gorge très sensible, impossible de chanter ou appeler, de boire du vin ou des liquides acides ...).

    Dr Blandine Courtot

  • La coqueluche il y a plus 60 ans

    Le 21 décembre 2018

    IL y a plus de 60 ans j'ai eu la coqueluche mon frère aussi, n'ayant aucun remède efficace à l'époque, mes parents avaient entendu parler qu'un baptême de l'air était efficace pour guérir de cette maladie, n'ayant pas les moyens de nous l'offrir il nous ont emmitouflé dans des couverture et en plein hiver la capote de la 2 chevaux ouverte ils sont allés dans la forêt de Compiègne et ce traitement nous a guéri ! Ce n'est pas scientifique mais à priori cela a bien fonctionné, bien entendu la vaccination aujourd'hui a fait ses preuves !

    Marie-Noël Ingouf

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