Le 2019-nCov n’est pas (encore) une urgence internationale

Genève, le vendredi 24 juin 2020 - L’Organisation mondiale de la santé a réuni, deux jours durant, son comité d’urgence au sujet de la nouvelle souche de coronavirus, 2019-nCov. Hier soir ses conclusions ont été dévoilées, à l’issue de « débats très complexes ».

L’épidémie de coronavirus 2019-nCov n’est pas, pour l’heure, considérée comme une « urgence de santé publique de portée internationale », la crise sanitaire étant circonscrite à la Chine, seuls 17 cas ayant été identifiés hors de l’empire du milieu, et un seul hors d’Asie, aux États-Unis (le cas Australien a été finalement démenti).

Le comité chargé d’évaluer la dangerosité du virus et son risque de propagation, constitué de médecins, de virologues et d’épidémiologistes, « s’est montré profondément divisé » note cependant l’institution internationale. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a donc appelé à la plus grande prudence : « ne vous méprenez pas, l’épidémie est une urgence en Chine, même si ce n’est pas encore une menace mondiale. Mais elle pourrait le devenir ».

Sur le plan clinique, le patron de l’OMS a évoqué des manifestations graves chez un quart des malades et des patients décédés souffrant de « pathologies sous-jacentes ».

830 cas, 26 morts

De son côté, la Chine a rendu public un nouveau point épidémiologique faisant état de 26 morts et 830 cas confirmés par séquençage génétique du virus. Parmi eux, de nombreux professionnels de santé, dont 13, contaminés par un seul patient, lors d’une opération chirurgicale.

Concernant la riposte, c’est désormais une aire abritant 40 millions de personnes qui a été placée en « quarantaine » : les transports sont à l’arrêt, les habitants ont l’interdiction de sortir de la zone et le port de masque est désormais obligatoire malgré une pénurie qui a amené la municipalité de Wuhan à lancer un appel aux dons pour récolter du matériel médical de protection.

« La ville a besoin de masques chirurgicaux de norme N95, de lunettes de protection, de vêtements de protection », explique au journal Le Monde un employé du centre de la Croix-Rouge.

En effet, dans les hôpitaux, bondés de patients inquiets, le personnel ne dispose que d’un masque par jour, alors que ces derniers perdent leur efficacité après deux heures.

Face à ces difficultés, l’administration locale souhaite l’intervention d’une unité de l’armée spécialisée dans le contrôle des épidémies qui est capable de déployer un hôpital de campagne de 600 lits. Dans le même esprit, ce matin, la municipalité a annoncé la construction d’un hôpital provisoire spécialisé, qui devrait entrer en activité d’ici six jours.

Une épidémie qui agite les chercheurs…et les bourses mondiales !

On relèvera enfin que les actions de certaines sociétés de biotechnologie ont bondi cette semaine à Wall Street.

L’action du laboratoire Novavax est ainsi en hausse de 11,42% à la bourse de New York depuis l’annonce par sa direction du lancement du « développement d'un vaccin » contre le nouveau coronavirus.

Idem pour Nano Viricides (+ 36,91% jeudi !), qui a indiqué travailler « sur une potentielle réponse vaccinale à l'actuelle urgence sanitaire ». Enfin, Inovio voyait son titre s’apprécier de près de 7 % après avoir reçu une subvention de 9 millions de dollars pour travailler sur le virus…

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • 24 Juin 2020 ?

    Le 26 janvier 2020

    J'ai bien lu ?
    Dites moi que je me trompe ?
    Agnès a écrit un roman de SF ?
    Mais la réalité dépasse déjà la fiction.

    Qu'importe le plan est déjà prêt, merci le A(H5N1).
    Cas isolés, épidémie, pandémie... Protection des pharmacies et des supermarchés... etc.
    Il faut dire que selon ce roman, les oisifs du SAMU, des pompiers, vont avoir l'occasion de sortir les VSAV pour récupérer les cas douteux.
    Heureusement les sous sols des administrations sont encore emplis de masques Bachelot périmés. Vu la pénurie, il y a du fric à se faire…

    Dominique Barbelet



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