Le médecin qui a agressé une infirmière aux urgences, est-il protégé ?

Montauban, le mercredi 9 août 2017 – Aux urgences de la clinique du Pont de Chaume, une infirmière, également représentante CGT, a été agressée verbalement et physiquement par un médecin urgentiste de garde. En réaction à cette affaire, il a été organisé un CHST (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire mais qui n’a abouti à aucune sanction. Soulignons qu’en 2015, 130 salariés de cet établissement ont fait grève pendant près de deux mois pour réclamer de meilleures conditions de travail… Cette agression a, semble-t-il, ravivé les tensions entre médecins et personnels soignants, ces derniers considérants que les premiers sont « protégés » lorsqu’ils sont maltraitants.

Un parfum de lutte des classes

Christophe Couderc, secrétaire général CGT du Pont de Chaume, fait ainsi savoir dans les colonnes du journal La Dépêche « l'agression est avérée, le médecin a reconnu les faits et pourtant il continue à travailler. (…) En prenant cette décision, la Direction dit clairement qu'un médecin peut agresser une salariée en toute impunité sans être inquiété (…) Nous allons également saisir le Conseil de l'Ordre et on compte sur la justice pour qu'elle fasse son travail et donne suite à la plainte déposée par l'infirmière » explique-t-il.

Dans un communiqué, le Parti communiste français du Tarn-et-Garonne s’en mêle et fustige : « une direction qui fait le choix de la complaisance en refusant de sanctionner le médecin ». Une décision qui témoignerait « du mépris dont la direction fait preuve à l'égard de son personnel ». Le communiqué s’interroge enfin ironiquement sur la direction de la clinique : « si une infirmière avait agressé de la même façon un médecin… Aurait-elle été plus prompte à prendre des sanctions ? Gageons que la réponse ne fait aucun doute ! ».

Le directeur, Didier Godec, s’est d’ailleurs lui aussi fendu d’un communiqué auprès de la même rédaction et a fait valoir une attitude équitable et souligne : « nous avons diligenté une enquête interne pour faire la lumière sur ce qui s'est passé ».

Xavier Bataille

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Vos réactions (4)

  • Rixe

    Le 12 août 2017

    On ne peut juger si on ne connaît pas le problème mais si la CGT s'en mêle c'est typiquement idéologique, politique et épuisant! Cela devient immédiatement une affaire d'état. Comme dans tous les hôpitaux CGTiste on ressent cette haine du médecin par les syndiqués pour lesquels les médecins ne font pas partie de l'hôpital (dixit un CGTiste hospitalier) alors que nous sommes là pour soigner des malades mais que les syndiqués l'oublient souvent.

    Dr Pierre Ezzedine

  • Cgt et agression

    Le 14 août 2017

    Le syndicat en question aurait été la CFDT (le syndicat des patrons...et de Macron) vous n'en feriez pas des caisses ! La grosse erreur de cette infirmiere aura été d'être syndiquée à la CGT..."çà devient une affaire d'état" dîtes-vous !

    Eh oui, l'agression d'une infirmiere par un medecin,c'est grave...Seriez-vous solidaire de votre collègue ? Comme le sont toujours les médecins, enfin à la lumière car dans l'ombre les règlements de compte vont bon train...Que n'auriez-vous dit dans le cas contraire ?
    Les syndiqués (des syndicats du personnel, pas de la CFDT...) sont là pour défendre le personnel avec une idée simple : si le personnel travaille dans de bonnes conditions, les patients ne s'en portent que mieux...c'est juste une évidence...
    A titre de comparaison, nous personnels d'un service de psy quelque part en France, avons défendu un médecin agressé par un patient...

    Philippe Hilaireau

  • Qu'importe qui est l'auteur...

    Le 16 août 2017

    Une agression est une agression et comme telle elle mérite sanction. L'individu quel qu'il soit doit pouvoir travailler en toute sécurité sur son lieu de travail et l'établissement est responsable de cette sécurité.
    Qu'elle soit commise par un supérieur hiérarchique ou par un collègue de même grade ou de grade inférieur, par un professionnel ou un patient, cela restera une agression pour celui qui la subit.

    La haine du médecin par le personnel paramédical ? Vous avez vu ça où ? Il n'y a pas plus corporatiste que la profession médicale... Les IDE sont habituées à travailler avec bons nombres de collaborateurs différents.
    D'après vous Dr Ezzedine, qu'est-ce qui justifie celle-ci ? Le fait que ce soit sur une IDE perpétré par un médecin ? La précarité de l'emploi ? Des "excuses" fallacieuses et presque mysogynes pour moi.

    C.Durand

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