Le swing du chirurgien

De nombreux articles sont consacrés à la menace du burn out qui pèse sur les médecins. L’un des meilleurs moyens pour y échapper serait de garder du temps pour les loisirs. Ce que manifestement savent bien faire certains professionnels, puisque le bruit court que l’une des activités favorites des professions médicales serait le golf. Aux États-Unis, la rumeur assure même que le vendredi après-midi des médecins y est consacré…sans qu’aucune preuve ne vienne à l’appui de cette affirmation.

C’est ce qui a motivé une étude publiée par le British Medical Journal, en cette période de Noël où la tradition veut que ce prestigieux journal se fasse l’écho de travaux un peu moins « sérieux » que le reste de l’année. Cette étude avait pour objectif de préciser la proportion de médecins pratiquant le golf régulièrement, de déterminer s’il existait des différences de pratique selon les spécialités, ou encore quelles spécialités fournissaient les meilleurs golfeurs et s’il existait des différences de pratique entre hommes et femmes.

Les données sont loin de confirmer la rumeur d’une pratique massive du golf chez les médecins, puisque, sur une base de données de 1 million de praticiens, 4 % seulement d’entre eux sont inscrits à l’Association américaine de golf. Les hommes sont largement majoritaires, comptant pour 89,5 % des médecins golfeurs. Le taux de golfeurs connaît des variations selon les spécialités, et le taux le plus élevé se trouve chez les chirurgiens orthopédiques (8,8 %), suivis par les urologues (8,1 %), les chirurgiens plasticiens (7,5 %) et les ORL (7,1 %). Les internistes et les infectiologues sont parmi les spécialistes les moins représentés chez les golfeurs (< 3 %).

Un lien entre le temps passé sur le green et la mortalité des patients ?

Les meilleurs golfeurs se trouvent évidemment dans les spécialités les plus représentées dans ce domaine, chirurgiens thoraciques, chirurgiens vasculaires et orthopédiques, avec des performances supérieures de 15 % à celle des endocrinologues, dermatologues et oncologues. Il apparaît aussi que les sexagénaires et septuagénaires sont plus nombreux à pratiquer le golf que les plus jeunes, sans qu’il soit possible de dire s’il s’agit d’une question de préférence générationnelle ou si la fin de carrière offre plus de facilités pour se dégager du temps libre !

Les auteurs estiment que ces données appellent d’autres explorations. Il serait intéressant d’étudier le lien entre le temps passé sur le green et la mortalité des patients, de savoir si le prix des consultations augmente ou si l’état du patient s’aggrave après un mauvais parcours. Et finalement, avec un certain humour, ils se demandent si le temps passé au golf par les médecins hommes peut expliquer à lui seul que ces derniers consacrent quotidiennement au tâches ménagères 2 heures de moins de que leurs consœurs, à emploi du temps professionnel égal…

Dr Roseline Péluchon

Références
Koplewitz,G et coll. : Golf habits among physicians and surgeons: observational cohort study. BMJ 2018;363:k4859.

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Vos réactions (2)

  • Hasard

    Le 13 décembre 2018

    C'est un peu de l'humour non ?
    Et le hasard fait que je viens d'écrire un passage sur ce thème dans ma dernière "publication".
    Je vous livre l'extrait...

    "Savoir que le Docteur Machin est parti escalader un caillou malgré son hypoxie chronique, qu’un autre vogue sur les océans et qu’enfin le Professeur La Terreur qui a emmerdé des générations de soignants a fait un AVC et se retrouve sous la coupe d’une de ses victimes. Si ce n’en pas une, c’est donc une de ses sœurs…"

    Le golf... ouais, la plupart en ont rêvé et hantent les greens quand ils sont en retraite. Trop tard.
    Ceux que je connais ont des escapades, des disparitions, ils vont cruiser ou escalader.
    Nous on se contente de la fonte trois fois par semaine et du VTT à la belle saison.

    A 66 ans je m'amuse à comparer ma bio avec un confrère surbooké, il perd sur chaque ligne...
    Alors que lui était mince et sportif et moi un obèse génétique à 25 ans.
    Les courses, repasser, cuisiner, nettoyer, ça entretient aussi..
    Mais ce qui entretient le plus c'est d'avoir une femme jeune et sportive...
    Quoi ? Vous ne regardez jamais Philippe et Camille dans scènes de ménages ?

    Allez, c'était pour rire...
    Bougez, éliminez...

    Dominique Barbelet

  • Et ?

    Le 14 décembre 2018

    Trop de la balle cet article Roseline !

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