Les gynécologues obstétriciens se rebiffent

Paris, le mardi 12 septembre 2017 - Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises, l’été a été marqué par l’émergence dans la sphère publique d’un débat sur les "violences obstétricales". Ce terme, cependant, recouvre en fonction des interlocuteurs des réalités très diverses. L’expression peut tout aussi bien évoquer des cas de maltraitances avérés, des défauts de communication entre médecins et patientes, des gestes rendus nécessaires par la situation médicale mais mal ou pas expliqués ou encore une hyper médicalisation apparemment consentie (mais ressentie comme inévitable). Face à ce mélange des genres, les témoignages les plus divers ont commencé à fleurir et ont contribué à nourrir une défiance profonde vis-à-vis des gynécologues, épinglés pour leur paternalisme et leur machisme alors que beaucoup des praticiens actuels ont rompu avec cette approche traditionnelle.

Des gestes inévitables

Si l’Ordre des médecins et le Collège national des gynécologues obstétriciens (CNGOF) sont intervenus pour dénoncer les idées fausses (y compris celles véhiculées par le secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes), l’action entreprise par six jeunes gynécologues a vocation à aller plus loin. Dans un texte signé par 450 gynécologues obstétriciens, ils invitent à éviter l’« amalgame entre ce qui relève de l’exercice de la médecine et ce qui relève de la maltraitance ». Et ils détaillent : « Notre rôle de praticien est d’accompagner les femmes au cours de leur grossesse et de leur accouchement, en mettant tous les moyens en œuvre pour que les mères et les nouveau-nés se portent bien. Une information adéquate est essentielle à l’instauration d’une relation de confiance. Cependant, certains gestes médicaux indispensables vont parfois à l’encontre du désir de la patiente. La grande majorité des femmes le comprennent et l’acceptent » signalent-ils faisant notamment allusion au recours à l’épisiotomie contesté par certaines femmes, mais qui au-delà de certaines dérives qui ont été combattues (sa fréquence a considérablement diminué) répond fréquemment à une nécessité médicale. Alors que ces gynécologues invitent encore à prendre des distances avec certains témoignages, il n’est pas certain que cette intervention permettra d’offrir au débat un ton plus apaisé et cordial.

A.H.

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Vos réactions (2)

  • Machisme ?

    Le 12 septembre 2017

    On parle encore de machisme dans une profession très majoritairement féminine...
    Le corps est devenu un sanctuaire, sa partie sexuelle un tabernacle et les tables de la loi vont s'alourdir. On va regretter le temps béni de l'inquisition.

    Dr Pierre Castaing

  • Les gynécologues veulent le bien des femmes malgré elles

    Le 14 septembre 2017

    Infantilisation, paternalisme, dirigisme, actes inutiles et délétères, contraintes multiples et contradictoires, sexisme décomplexé. Absences d'écoute des besoins, de la douleur.
    Une femme enceinte n'est pas malade. L'accouchement n'est pas une opération. Les femmes ne sont pas à disposition du corps médical. Elles ont leur mot à dire et veulent reprendre le contrôle de leur corps. Au lieu de s'occuper des femmes qui vont bien, les gynécologues devraient s'occuper des femmes qui vont mal et qui ne sont pas entendues (endométriose maladie sous diagnostiquée, méconnue, non soignée)

    Le corps féminin respecté c'est vite dit !! http://m.slate.fr/sites/default/files/styles/500x/public/grandformat/sacre.jpg

    D.

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