Les Québécois face à l’engorgement de leurs services d’urgences

Montréal, le mercredi 22 janvier 2020 - La comparaison entre les systèmes de santé comporte de très nombreuses limites qui sont liées à leur organisation, à leur financement et aux comportements individuels, qui peuvent être marqués par des tendances plus ou moins importantes à l’automédication par exemple. Aussi, la critique des dysfonctionnements d’un système en s’inspirant de la prétendue efficacité des autres a une pertinence restreinte. De la même manière, se rassurer de constater des dérives dans les systèmes  d’autres pays, qui paraissent relativiser nos difficultés internes, constitue sans doute un commentaire à courte vue.

200 % d’occupation de certains services d’urgences !

Aussi, c’est en tentant d’éviter ces mécanismes classiques et naturels que l’on s’intéressera à la situation des hôpitaux du Québec. Ces derniers sont depuis plusieurs années confrontés à un important engorgement lié à l’épidémie grippale hivernale. Cette année n’a pas échappé à la règle : les virus de l’hiver, associés à la limitation des soins primaires et aux accidents provoqués par les chutes sur la neige ou la glace ont contribué à un fort afflux de patients aux urgences. Selon le service gouvernemental Index Santé, le taux d’occupation des services était de 129 % à la mi-janvier, dépassant dans certains établissements les 200 %.

Télémédecine et délégation de tâches

Cette situation est notamment la conséquence d’une pénurie de médecins généralistes installés en ville qu’aucune mesure n’a permis de corriger efficacement ces dernières années. Des dispositifs ont été mis en place mais n’apportent que des réponses ponctuelles, telle l’ouverture élargie de certains centres pendant l’hiver. Aujourd’hui, le gouvernement souhaite aller plus loin en déployant des mesures plus pérennes concernant les compétences des pharmaciens et des infirmiers et surtout la rémunération des médecins traitant. Le ministre de la Santé, Danielle McCann mise également sur la télémédecine pour améliorer la situation.

On le voit, même si comme notre introduction nous y incite, il convient de se garder de tous rapprochements hâtifs, ces mesures ne sont pas éloignées de celles qui séduisent également la France.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Non au politiquement correct à tout prix !

    Le 22 janvier 2020

    « Ces mesures ne sont pas éloignées de celles qui séduisent également la France. »
    Ah qu’en termes galants ces choses là sont mises !..,
    Quand on a connu la médecine française encore en pleine santé, on ne peut qu’être dépité par ces termes... D’autant que la revalorisation des revenus ne se fait pas en faveur d’une meilleure qualité des soins, mais seulement en passant sous les fourches caudines des technocrates les plus sourds et les plus aveugles ! L’humiliation constante du corps médical est devenu le mode de gestion ordinaire des problèmes de santé...

    Dr Bernard Dumas

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