L’hôpital de Châteauroux encore endeuillé par le suicide d’un médecin sur son lieu de travail

Châteauroux, le jeudi 11 octobre – Un radiologue s’est suicidé, hier, dans les locaux du centre hospitalier de Châteauroux où il exerçait depuis vingt ans.

Il venait de réintégrer son service, il y a quelques semaines, après avoir souffert d’un burn out au printemps dernier.

Cette autolyse n’est pas sans rappeler un précédent dramatique. Il y a quatre ans, une femme médecin de 37 ans avait, elle aussi, mis fin à ses jours en s'injectant une dose mortelle d’anesthésique dans un bâtiment de l’hôpital…Six mois plus tard, l’inspection du travail mettait en cause le Centre hospitalier de Châteauroux. « Au terme de l’enquête et de tous les éléments recueillis, nous estimons que le non-respect, par l’employeur, de ses obligations a pu jouer un rôle dans la souffrance ressentie par Mme Z…, et donc dans son suicide. De plus, même dans l’hypothèse (peu probable compte tenu des circonstances) où les conditions de travail de Mme Z… n’auraient pas présidé à son geste, il est certain que son état de fatigue physique et mentale a contribué à abolir ou amoindrir ses capacités de discernement et, ainsi, priver Mme Z… de sa capacité à sortir de l’impasse » avait-elle ainsi conclu ses investigations.

La direction de l’hôpital s’était alors indignée que son honneur soit bafoué et avait reçu le soutien du ministre de la santé de l’époque, Marisol Touraine, qui avait déclaré : « c’est une triste affaire mais, a priori, elle n’aurait aucun lien avec l’hôpital. Cette dame, d’origine roumaine, venait d’être titularisée, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. En revanche, on croit savoir qu’elle se sentait loin de chez elle et qu’elle était mal dans sa peau »…

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • Mal dans sa peau...

    Le 12 octobre 2018

    ça alors ! C'est une découverte que le suicide soit le résultat d'un "malaise dans son enveloppe corporelle"... Nous remercions Marisol Touraine de l'avoir rappelé. Tant que les pratiques managériales de la fonction pblique ne seront pas évaluées, tant que les direction hospitalière ne seront pas mises en cause alors qu'il existe des organes de régulation et de prévention mais apparemment inutiles (quand le responsable d'un CHSCT est le directeur de la DRH, quelle liberté de penser et de pouvoir agir pour dénoncer peut-on en attendre ?) dans l'organisation hospitalière... Que font les conseils de surveillance dont sont dotés tous les établissements de soins ? Et que fait l'ARS ? Je suis pour que les ARS soient enfin placées sous l'autorité du Préfet qui a une connaissance territoriale beaucoup plus pointue d'une part, et qui n'a pas cette influence de l'évaluation de son travail sur son image comme pense l'avoir les ARS. Ces politiques de santé localisées sont délétères. Certains déserts sanitaires leur sont imputables dans le manque de solutions apportées et leur frilosité à en apporter.

    C.D.

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